En santé, le Québec a pris un important retard dans l’utilisation des TI. Une étude du Commonwealth Fund démontre combien le Québec fait piètre figure par rapport à d’autres pays et d’autres provinces canadiennes. Par exemple, dans plusieurs pays, près de l’ensemble des médecins utilisent des dossiers médicaux électroniques. Ce taux est de 40 % en Ontario et de 20 % au Québec. De la même manière, moins de 5 % des médecins québécois envoient souvent ou parfois des courriels à leurs patients, alors que ce taux atteint 35 % en Suède. En télésanté ? Les investissements réalisés au Québec ont stagnés dans les dernières années, alors qu’en Ontario on y investissait annuellement près de 10 M $.
Le Québec doit retrouver son titre d’innovateur en santé par les TI. La présidente-directrice générale du CEFRIO, madame Jacqueline Dubé, a eu l’occasion de participer à une table ronde à ce sujet lors du colloque Informatique-Santé de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) le 7 octobre. Elle a alors plaidé en faveur d’un Québec innovateur et audacieux en santé, grâce au support des TI.
Les citoyens et les équipes cliniques semblent d’ailleurs prêts pour un tel virage. Selon les chercheurs associés au CEFRIO, les équipes médicales sont maintenant convaincues du pouvoir des TI et veulent les utiliser. De leur côté, les citoyens sont d’avides consommateurs d’informations en santé sur Internet : 70 % des utilisateurs d’Internet à domicile utilisent ce médium pour chercher des renseignements médicaux ou liés à la santé. Selon une enquête du CEFRIO, même les aînés sont friands d’information en santé puisque ce thème arrive au deuxième rang des sujets préférés dans leurs consultations sur le Web.
Évidemment, les défis sont multiples, mais la situation de rattrapage dans laquelle nous nous situons nous permet d’avoir de grandes ambitions puisqu’elle nous offre la possibilité de nous appuyer sur les pratiques exemplaires développées ailleurs. Le système de santé et de services sociaux représente un capital social majeur au Québec et il est nécessaire d’adopter de nouvelles approches et de nouveaux outils afin de répondre aux défis auxquels nous faisons face.