L’École éloignée en réseau (ÉÉR) entame la nouvelle année scolaire avec la poursuite d’un nouveau volet lancé l’an dernier pour sa quatrième phase : l’utilisation du réseau, non seulement par les élèves et les enseignants dans la classe, mais aussi par les professionnels et techniciens des services éducatifs complémentaires.
L’initiative ÉÉR, née en 2002 d’une volonté commune du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport et du CEFRIO de favoriser la vitalité des petites écoles de régions rurales à l’aide du réseau, propose deux outils pour ce faire : un système de vidéoconférence (iVisit) et un forum de connaissances (Knowledge Forum). Non seulement ces outils sont-ils disponibles pour les enseignants et les élèves des quelques 23 commissions scolaires impliquées, mais aussi pour les orthopédagogues, orthophonistes, conseillers pédagogiques, conseillers d’orientation, psychologues, psychoéducateurs, éducateurs spécialisés, animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire et autres professionnels intervenant auprès des élèves. Dans un contexte d’éloignement, le réseau Internet offre des opportunités nouvelles de réduire les déplacements tout en gagnant en efficacité et en temps de présence à la clientèle, qu’il s’agisse d’élèves ou d’enseignants.
Trois axes de pratique apparaissent pertinents pour l’intervention en réseau et se reflètent dans les propos des intervenants lorsqu’on les questionne sur les besoins à combler:
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1. améliorer les services offerts aux élèves,
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2. favoriser la concertation entre professionnels et
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3. augmenter le rôle conseil auprès des enseignants.
1. AMÉLIORER LES SERVICES AUX ÉLÈVES
La disponibilité des services aux élèves apparaît comme préoccupation première lorsqu’il est question de l’intervention en réseau. Qu’il s’agisse d’imaginer de nouvelles formes d’intervention à l’aide de la vidéoconférence ou de se questionner au sujet de la relation humaine qui se crée par le biais de ce moyen de communication, tous accordent une importance primordiale aux services auprès des élèves. Le territoire couvert par la plupart des intervenants en région est vaste et les établissements dans lesquels ils offrent leurs services sont dispersés, de sorte que le temps de présence dans les milieux se trouve réduit en raison du temps de déplacement nécessaire. Le réseau - sans remplacer toute présence en personne auprès des élèves- permet à tout le moins d’augmenter la fréquence des contacts avec l’intervenant lorsque les rencontres en réseau sont combinées aux rencontres en face à face. Pour l’élève, ce sont de nouvelles formes d’interaction qui diversifient le travail qu’il effectue avec son intervenant et qui amènent souvent une motivation toute neuve à la consultation.
Améliorer les services aux élèves par le biais du réseau c’est…
- une orthopédagogue qui jumelle des élèves malentendants de différentes écoles afin qu’ils échangent au sujet de leurs difficultés communes;
- un conseiller pédagogique qui donne une formation à une classe distante par voie de vidéoconférence;
- une orthophoniste qui effectue des suivis d’élèves et des plans d’intervention avec les parents en vidéoconférence.
2. FAVORISER LA CONCERTATION ENTRE PROFESSIONNELS
Qui dit nombreux déplacements dit peu de temps dans les milieux à d’autres fins que l’intervention auprès des élèves. Or, les professionnels mentionnent le besoin de disposer de temps de concertation entre collègues de la même profession oeuvrant dans les autres établissements de la commission scolaire ou avec ceux des autres professions qui travaillent auprès de la même clientèle. Avec le réseau, l’intervenant n’est plus seul : il dispose de nouveaux moyens pour communiquer avec l’équipe multidisciplinaire et pour concerter les actions auprès des élèves.
Favoriser la concertation entre professionnels par le biais du réseau c’est…
- une équipe d’animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire qui se rencontrent en vidéoconférence pour partager leur expertise sur certains thèmes;
- une équipe de professionnels qui communiquent par vidéoconférence pour discuter de suivi d’élèves;
- une orthophoniste en retrait préventif qui échange en vidéoconférence avec l’intervenant qui assure le suivi auprès des élèves pendant son absence.
3. AUGMENTER LE RÔLE CONSEIL AUPRÈS DES ENSEIGNANTS
Plusieurs professionnels des services complémentaires ont aussi le mandat d’agir à titre de rôle-conseil auprès des enseignants concernant les différentes problématiques vécues avec les élèves ou encore au sujet des besoins particuliers de ceux-ci. Le temps réduit qu’ils passent dans chaque école limite la place que peut occuper le rôle conseil dans leur pratique. Le réseau apparaît donc comme un moyen de maximiser l’accès aux professionnels en ajoutant une disponibilité à distance.
Augmenter le rôle conseil auprès des enseignants par le biais du réseau c’est…
- une orthopédagogue qui offre des périodes de disponibilités en vidéoconférence lorsqu’elle travaille en bureau, pour répondre aux besoins des enseignants.
Ces trois axes apparaissent comme regorgeant de nouvelles possibilités et de défis dans l’organisation du travail des professionnels des services éducatifs complémentaires et dans l’évolution de leurs pratiques. L’année scolaire 2009-2010 verra très certainement de nouvelles avenues se dessiner en intervention en milieu scolaire à l’aide des outils du réseau. Ce sera l’occasion de voir comment ces nouvelles pratiques peuvent s’insérer dans le modèle de pérennité de l’École éloignée en réseau actuellement en élaboration.