École éloignée en réseau : une session de transfert éloquente
27 octobre 2009 par Éliane LimbertLes 8 et 9 octobre derniers s’est tenue la session de transfert de l’École éloignée en réseau qui réunissait plus de 160 personnes à Québec. Sept années déjà, bien remplies et riches d’expériences variées! Écouter et regarder tant d’enseignant(e)s est la meilleure preuve qu’il s’agit d’un projet de recherche action des plus novateurs et des plus prometteurs pour l’avenir des élèves et des enseignants des petites écoles rurales au Québec.
La réalité, principalement la coélaboration des connaissances grâce au «Knowledge Forum» (KF pour les initiés), la voici au sein même d’une centaine d’écoles à travers quelques exemples de projets :
- Projet à l’international : une démarche d’investigation sur les grottes de Majorque, rencontre entre les enseignants du Québec et ceux de Hong-Kong et de Barcelone avec leurs élèves. En bref : hypothèses, observations, analyses, perspectives, résultats, tout est noté dans l’ordinateur à travers le KF et, surtout, échangé entre les élèves et les enseignants.
- Intervention des professionnels en réseau, notamment, les orthopédagogues et orthophonistes qui peuvent désormais à travers une plateforme de Webconférence offrir leurs services à distance. Entendre et voir un enfant auprès de sa mère et qu’une orthophoniste à distance lui adresse des conseils est une preuve bel et bien présente. Les constats sont unanimes. L’enfant poursuit ainsi son parcours tout en restant à domicile dans son milieu familial et le professionnel lui offre la même attention que s’il était physiquement présent.
- Comment faire entrer la lecture à l’école de manière animée : simplement par la rencontre entre des auteurs et illustrateurs d’albums jeunesse et les élèves. Surprise et émerveillement garantis! Échanger ensuite par Webconférence avec le créateur de son héros préféré, voilà le virtuel qui transforme l’imaginaire en réalité.
- Facilitation du passage du primaire vers le secondaire : amener des jeunes de différents niveaux (primaire et secondaire) à échanger entre eux par le biais des sciences. Les plus jeunes (primaire) demandent des conseils aux experts (secondaire) pour construire un voilier dans le but de participer à une compétition. Tout se déroule par le KF, d’où l’importance de l’expression écrite. La compréhension mutuelle nécessite un ajustement de part et d’autre, les plus « jeunes » en précisant leur formulation, les plus « vieux » en vulgarisant leurs conseils.
En conclusion, cette session a permis de faire ressortir encore plus concrètement la multiplicité des modèles que peut prendre l’ÉÉR et une flexibilité découverte au fur et à mesure par les diverses expériences, sans cesse soutenues par l’équipe de chercheurs qu’il faut saluer dans leur engagement constant. Les enseignants, par leur motivation, ont su adapter les outils au milieu dans lequel ils évoluent et selon leurs besoins. Ils sont toujours prêts à se remettre en question, à faire évoluer leur métier pour continuer à le parfaire et à en faire profiter leurs pairs et, avant tout, les élèves.
De telles actions ne peuvent être que porteuses d’un bel avenir institutionnel et doivent s’étendre au plus vite à travers tout le Québec et pourquoi pas dans d’autres contrées plus lointaines, des régions très très éloignées…

