Archives pour la catégorie ‘santé’

Les TI et la santé - Un système à réinventer !

18 juin 2010 par Réjean Roy

Voilà plus de 20 ans que le Québec et d’autres États industrialisés misent sur les technologies de l’information (TI) pour obtenir certains des gains d’efficacité et de productivité qui permettront notamment à leur système de santé de mieux composer avec le vieillissement accéléré de leur population. Les résultats enregistrés à ce jour sont-ils à la hauteur des attentes qu’on avait face aux TI? À cet égard, le Québec réussit-il mieux que d’autres pays? Existe-t-il des éléments particuliers qui freinent une meilleure utilisation des TI dans le secteur de la santé? Le CEFRIO a rencontré trois experts chevronnés pour répondre à ces questions.

fortin_jean-pauldscf7506 Médecin spécialiste en santé communautaire, Jean-Paul Fortin est notamment professeur titulaire au Département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), président de la Société québécoise d’informatique biomédicale (SOQIBS), chercheur au CAU-CSSS de la Vieille Capitale et chercheur associé au CEFRIO.
photo-de-m-jean-huot-credit-photo-luc-lauziere-2008-09 Jean Huot est directeur des ressources technologiques au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et des services informatiques au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). À ce titre, il a piloté le projet d’implantation du système d’information clinique OACIS. En 2009, Jean Huot et ses collègues ont reçu un prix OCTAS pour la qualité du travail réalisé dans ce chantier.

claude-sicotte Professeur titulaire au Département d’administration de la santé de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Claude Sicotte est collaborateur à l’Unité de santé internationale de cette institution, chercheur régulier à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal et chercheur associé au CEFRIO.

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La santé à l’ère d’Internet

3 juin 2010 par Julia Gaudreault-Perron

Le domaine de la santé ne fait pas exception quant aux transformations qu’Internet entraîne dans les communications entre individus et dans les conditions d’accès et de création du savoir, bien au contraire. S’il veut atteindre ses objectifs, le milieu de la santé ne peut aujourd’hui faire abstraction de cet environnement omniprésent qui offre des perspectives nouvelles pour rejoindre la population. C’est l’un des messages lancés les 10 et 11 mai derniers lors du colloque Internet et santé: Stratégies d’usages et d’intervention présenté dans le cadre du 78e Congrès de l’ACFAS, à l’Université de Montréal. Pensé et organisé par le Groupe de recherche Médias et Santé, en collaboration avec le Réseau de recherche en santé des populations du Québec (RRSPQ), ce colloque avait, pour centre d’intérêt, les pratiques de différents acteurs en santé à l’ère d’Internet.

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La gestion des connaissances : un remède approprié au secteur de la santé ?

15 janvier 2010 par Mireille Lacasse

 

En octobre 2009, l’Institut national de santé publique du Québec a lancé une publication intitulée Animer un processus de transfert des connaissances, bilan des connaissances et outil d’animation. L’Institut répondait ainsi à une demande du ministère de la Santé et des Services sociaux visant à valoriser les résultats de la recherche en santé publique pour mieux soutenir les différents acteurs du réseau. Bien que le document ait été réalisé à l’intention du secteur de la santé, il présente des solutions qui peuvent intéresser un public beaucoup plus vaste.

Les auteures1 ’intéressent d’abord à la nature particulière des connaissances dans le secteur de la santé publique et distinguent les trois catégories suivantes :

1. Les connaissances issues de la recherche, lesquelles se concrétisent par exemple dans des rapports de recherche ou des articles scientifiques ;
2. Les connaissances issues des savoirs tacites, lesquelles réfèrent au « savoir-faire » de praticiens, de chercheurs ou de professionnels et exigent d’être formalisées et intégrées dans divers produits ;
3. Les connaissances issues des données analysées, lesquelles peuvent être de diverses natures (données sur l’état de santé de la population, données sur l’utilisation des services, indicateurs de gestion, etc.).

La démarche adoptée a également permis de mettre en lumière les différentes approches privilégiées, dans le secteur de la santé, pour assurer le transfert des connaissances, soit :

1. L’approche linéaire ou unidirectionnelle, laquelle correspond à la communication par les chercheurs des résultats de leurs recherches ;
2. L’approche de résolution de problèmes, laquelle met en présence différentes ressources à la recherche d’une solution à un problème concret ;
3. Les approches interactives, lesquelles s’appuient sur des échanges entre les producteurs de connaissances et les utilisateurs potentiels.

Les auteures s’intéressent plus particulièrement aux approches interactives parce que ce sont elles qui contribuent à réduire l’écart entre le monde de la recherche et celui de la pratique, et ce, du fait qu’elles intègrent les connaissances des spécialistes et le « savoir expérientiel » des utilisateurs, ces derniers devenant alors des coproducteurs de la connaissance. Elles soutiennent également que « les nouvelles approches en transfert des connaissances conçoivent de plus en plus le transfert des connaissances comme un processus continu impliquant des interactions plus ou moins fréquentes entre plusieurs groupes d’acteurs œuvrant dans des contextes sociopolitiques et des environnements organisationnels spécifiques et jouant tour à tour un rôle dans la production, le relais et l’utilisation des connaissances ».

Quant au transfert proprement dit des connaissances, il pourrait, de l’avis des auteures, se décliner en sept étapes :

1. La production des connaissances ;
2. L’adaptation de façon à rendre les connaissances accessibles à divers publics ;
3. La diffusion sous forme de différents produits ;
4. La réception (soit la capacité et l’intérêt des utilisateurs potentiels pour ces connaissances) ;
5. L’adoption des connaissances par les utilisateurs potentiels,
6. L’appropriation (soit l’intégration dans le bagage de connaissances des utilisateurs) ;
7. L’utilisation des connaissances, laquelle pourrait être conceptuelle, instrumentale, symbolique et processuelle.

Au-delà des concepts évoqués, les auteures se préoccupent des stratégies de transfert des connaissances. Ainsi, il faudrait tenir compte non seulement du type de connaissances à transférer (résultats de recherches, consensus d’experts, etc.) et des objectifs à atteindre (soutien à la décision, changement d’une pratique professionnelle, etc.), mais aussi des facteurs qui vont favoriser l’utilisation de ces connaissances par les différents publics cibles (praticiens, gestionnaires, usagers, etc.).

Les auteures concluent qu’un des défis majeur du transfert des connaissances est de « s’introduire efficacement à l’intérieur des processus de réflexion et d’action afin de transmettre les bonnes connaissances dans le bon format, aux bonnes personnes et au bon moment ». Elles proposent d’ailleurs un outil conçu pour soutenir les responsables du transfert des connaissances ainsi qu’un aide-mémoire résumant l’ensemble du processus.

1Les auteures sont mesdames Nicole Lemire, M.A., agente de planification, de programmation et de recherche, Karine Souffez, M. Sc., agente de planification, de programmation et de recherche et Marie Claire Laurendeau, Ph. D., coordonnatrice à la recherche et à l’innovation, toutes trois de l’Institut national de santé publique du Québec.

L’Australie investit dans le Bush : l’initiative régionale numérique

14 janvier 2010 par Raphaël Danjou

 

Le premier ministre australien a présenté les 7 premiers projets dans lesquels le gouvernement investira dans le cadre de son initiative régionale numérique : un plan sur 4 ans avec un budget global de 60 millions $ AUS visant à favoriser l’inclusion des régions et des communautés reculées en améliorant leur accès aux services d’urgence, de santé et d’éducation, et ce grâce aux nouvelles technologies et au réseau large-bande ; une initiative cofinancée par les États, les territoires et les gouvernements locaux.

Ces 7 premiers projets sont :

  • Ambulance Mobile Connect en South Australia qui équipera les véhicules de postes informatiques connectés au réseau mobile haute vitesse (2,3 millions $ AUS) ;
  • Health e-Towns en Northern Territory qui fournira des services de santé, d’éducation et de formation à 17 villages éloignés (7 millions $ AUS) ;
  • Bushfire Spotting and Response technologies en North East Victoria qui utilisera les caméras, la télémétrie et la vidéoconférence pour améliorer la capacité de détection des feux et leur gestion (500 000 $ AUS) ;
  • Chronic Disease Management systems en New South Wales qui améliorera la couverture des services de télésanté (5 millions $ AUS) ;
  • Bushfire prediction technology project en Western Australia qui équipera les communautés en systèmes d’alertes et cartes de simulation (2,8 millions $ AUS) ;
  • Connected - Any Student, Any School project en Tasmanie qui offrira des programmes concrets d’e-apprentissage aux écoles (4,9 millions $ AUS) ;
  • The CDM-Net health project en Victoria et Queensland qui fournira aux patients des plans d’assistance pour la gestion de leur maladie chronique (4 millions $ AUS).

 

Source :
Minister for Broadband (2009). « Digital projects to improve services in regional communities », 10 décembre.

Adaptation : Raphaël Danjou.

Santé et technologie, une équation gagnante ?

24 mars 2009 par Sophie Poudrier

La modernisation des soins de santé par le biais des technologies de l’information (TI) implique d’importants investissements financiers et humains. Un récent article démontre, statistiques à l’appui, que le jeu en vaut bien la chandelle et que le recours aux TI dans le milieu de la santé entraîne des impacts positifs à plusieurs niveaux.

Un projet pilote mené auprès de 41 hôpitaux situés au Texas indique, entre autres, que l’informatisation des dossiers des patients diminue de 15 % le décès des patients âgés de 50 ans et plus lors d’une hospitalisation puis réduit de 16 % les complications liées à leur état de santé. De plus, les TI permettent une réduction significative des coûts associés à l’admission des patients. Bref, une meilleure circulation et un accès plus grand à l’information grâce à l’utilisation des TI s’avèrent bénéfiques autant pour les patients que pour les établissements de santé. Ces nouvelles données fournissent des arguments supplémentaires pour appuyer les démarches d’informatisation entreprises au sein du système de santé québécois.

Rédaction : Sophie Poudrier, chargée de projet, CEFRIO

Pour en savoir plus sur le sujet :
Clinical Information Technologies and Inpatient Outcomes : A Multiple Hospital Study

Hôpital: améliorer la qualité des soins par l’informatique ? Quelles preuves ?