Archives pour la catégorie ‘générations’

L’illectronisme, l’analphabétisme de demain ?

1 avril 2010 par Benoit Arlabosse

«On est un peu les analphabètes de l’Internet» constate, inquiet, un participant non internaute à un groupe de discussion sur l’utilisation des nouvelles technologies par les ainés.1 Cette formulation lucide est riche d’information en ce qui concerne les préoccupations des citoyens qui n’utilisent pas les technologies de l’information.

Les enquêtes récemment menées par le CEFRIO2 sur l’utilisation des technologies de l’information ont mis en lumière la persistance de la fracture numérique au sein de la population, malgré les efforts consentis par les organismes publics.

Au-delà du problème structurel et économique, la fracture numérique soulève une problématique sociétale de grande importance. L’omniprésence des technologies de l’information dans la vie quotidienne a fait naître une nouvelle forme de handicap social : «l’illectronisme».

clavier Cette notion émergente transpose le concept d’analphabétisme dans le contexte des technologies de l’information. Au même titre que la lecture et l’écriture, la maîtrise des outils technologiques est désormais un vecteur d’intégration sociale.

La population des séniors illustre parfaitement cette problématique sociétale de demain. Mais, loin d’être réservé aux ainés, l’illectronisme est un mal qui aggrave les différentes sources d’exclusion sociale : la recherche d’emploi, l’utilisation de services de base (banque, services publics en ligne, etc.), l’accès à certains emplois ou le maintien de certains liens sociaux, sont des exemples d’activités sociales rendues plus difficiles, aujourd’hui, sans la maîtrise des TI.

Outre les ainés, certains groupes de population sont particulièrement touchés par cet «analphabétisme électronique». Les plus démunis et les personnes peu scolarisées sont souvent exclus de notre «société en ligne». prise

La prise en compte de l’illectronisme dans la mesure du développement des sociétés constitue désormais une étape et un objectif majeur dans la lutte contre la fracture numérique.

Le CEFRIO a conduit, ces dernières années, de nombreux projets visant indirectement à appréhender cet aspect social de la fracture numérique. Les projets NetGouv et NETendances représentent quelques-unes des enquêtes menées auprès de la population afin de mesurer l’utilisation des TI et les efforts à fournir pour réduire les inégalités qui perdurent.

Pour plus de détails :

1.    Ces groupes de discussion ont été menés par le CEFRIO dans le cadre du projet Génération A
2.    NETendances 2009, Génération A

Compétences générationnelles – Ce que les différentes générations font le plus sur Internet

3 février 2010 par Annick Desforges

La Génération A (55 ans et plus)
Description de la génération : http://blogue.cefrio.qc.ca/tag/generation-a/

Le Québec compte désormais un million d’aînés internautes réguliers et 475 000 occasionnels. En d’autres mots, presque la moitié (48 %) des Québécois de 55 ans et plus naviguent tous les jours sur Internet. Bien qu’il s’agisse du groupe le moins présent sur la Toile, c’est de toute évidence celui pour lequel on observe le plus fort taux de croissance (35 %) depuis ces deux dernières années. La génération des séniors numériques est majoritairement urbaine, éduquée, encore active, avec un pouvoir d’achat élevé! Sans être des natifs du Web, ils sont bien équipés et connectés à la haute vitesse!

Leur utilisation d’Internet :

  • La télévision est leur principal média d’information sur l’actualité. Viennent ensuite les journaux et la radio. Ils représentent le seul groupe où l’information par la télévision dépasse l’utilisation du courriel.
  • Bien que les membres de la Génération A soient moins nombreux que leurs successeurs à planifier leurs vacances en ligne, effectuer des opérations bancaires ou encore regarder des photos sur le Web. ils adoptent tout de même ces nouvelles façons de faire. Les 55 ans et plus sont aussi nombreux à fréquenter les sites gouvernementaux provinciaux et fédéraux.
  • Contrairement aux autres générations, les aînés semblent beaucoup moins enclins à avoir recours aux applications collaboratives du Web 2.0. Bien qu’ils consultent les blogues et les wikis, ils sont beaucoup moins nombreux à les alimenter en contenu, à participer à des sites de réseautage, à télécharger des contenus de la baladodiffusion ou encore à diffuser des vidéos sur Internet.
Source : NETendances 2008
Dernière mise à jour : 2 février 2010

Enquête Génération C : que doit-on retenir ?

10 décembre 2009 par Philippe Aubé

Le 4 décembre 2009, le CEFRIO a mis en ligne son rapport de l’enquête sur la génération C. Rappelons que l’enquête menée auprès de plus de 2000 jeunes visait à décrire l’usage que font les jeunes des technologies et de dresser un portrait des 12 à 24 ans comme étudiants, comme consommateurs, comme travailleurs et comme citoyens.

Utilisateurs des TI : des technologies omniprésentes!

Ce n’est pas vraiment une surprise d’apprendre que les jeunes sont « full technos »! Chez les 12 à 17 ans, 79 % possèdent personnellement un ordinateur, 65 % ont une console de jeu et 89 % se promènent avec un lecteur mp3. Ces statistiques sont comparables aux Américains du même âge. Toutefois, les C québécois sont moins nombreux à posséder un téléphone cellulaire (39 % contre 71 % pour les jeunes Américains).

L’enquête nous apprend également que les filles et les garçons n’utilisent pas Internet aux mêmes fins. Tandis que les filles sont plus nombreuses à utiliser le courrier électronique ainsi qu’à écrire et à commenter des blogues, les garçons passent davantage de temps en ligne à jouer à des jeux, à effectuer des achats et à regarder des films.

Nous constatons aussi que l’utilisation que les jeunes font d’Internet est à géométrie variable. Le tiers des jeunes que nous pouvons qualifier de grands utilisateurs utilisent Internet plus de 20 heures par semaine. Le groupe des grands utilisateurs est surtout composé de garçons et de jeunes de 18 à 24 ans. À l’opposé, le groupe des petits utilisateurs est davantage composé de filles et de jeunes de 12 à 17 ans.

Etudiants : l’ordinateur et Internet très utilisés… hors classe


La quasi-totalité des jeunes (95 %) utilisent Internet dans le cadre de leurs études. Pour la réalisation de leurs travaux, c’est également du côté d’Internet que les jeunes se tournent. Seulement 6 % des jeunes réfèrent surtout aux documents papier pour la réalisation de travaux.

Certes, l’ordinateur est fortement utilisé à la maison, mais il est relativement peu utilisé en classe. Seulement 21 % des jeunes déclarent que la plupart des enseignants font utiliser un ordinateur durant les cours. Nous remarquons que c’est au collégial que l’utilisation de l’ordinateur en classe est la plus importante, possiblement en raison des ressources disponibles : conseillers pédagogiques TIC, Réseau des répondantes et des répondants TIC (REPTIC), Centre collégial de développement de matériel didactique et Profweb, pour ne nommer que ceux-là.

Par ailleurs, mentionnons que seulement un peu plus du tiers (35 %) des jeunes étudiants estiment que la plupart de leurs enseignants sont en mesure de les aider à acquérir les connaissances désirées en matière de technologies.

Consommateurs : des billets de spectacles, des vêtements et de la musique


Près de la moitié (49 %) des jeunes de 16 à 24 ans ont fait des achats sur Internet lors des trois moins précédant l’enquête. Plus encore, ce sont 68 % des grands utilisateurs d’Internet qui font des achats en ligne. Billets de spectacle, vêtements, bijoux et accessoires, musique et matériel d’ordinateurs sont les principaux achats que font les jeunes. Le principal motif pour acheter en ligne est l’espérance de payer moins cher et de pouvoir plus facilement comparer les prix. Mentionnons que le prix est aussi présent comme critère de choix pour un commerce en ligne en compagnie de la clarté des conditions d’achat.

Lorsqu’ils préparent un achat en ligne, les jeunes font d’abord confiance à un ami ou à une connaissance (60 %) qui a essayé le produit, puis à leurs parents (26 %). Les jeunes font très peu confiance à l’opinion d’inconnus qui s’expriment dans des forums de discussion.

Travailleurs : stabilité, salaire et flexibilité SVP!


Les jeunes « C » ne sont pas très différents des jeunes des générations précédentes en ce qui a trait aux critères de sélection d’un employeur. Ainsi, ils recherchent d’abord un emploi stable (51 %), un emploi bien rémunéré (42 %) et un emploi flexible aux plans de l’horaire et du lieu de travail (40 %).

Le type de carrière envisagée ressemble aussi à celui des générations précédentes. La fonction publique attire 37 % des jeunes contre 26 % pour le secteur privé et 15 % pour les carrières comme travailleur autonome. Le privé et le travail autonome sont toutefois plus populaires auprès des garçons et des grands utilisateurs d’Internet.

Citoyens : la technologie pour favoriser l’implication

Il semble que l’utilisation d’Internet ne se fait pas au détriment de l’implication civique. Les grands utilisateurs ne sont pas moins nombreux à ne pas s’impliquer dans des causes universelles ou locales.

Par ailleurs, parmi les jeunes qui ne votent pas chaque fois qu’ils pourraient le faire (46 %), que se soit aux élections municipales, provinciales ou fédérales, 72 % disent qu’ils voteraient plus souvent s’ils pouvaient le faire sur Internet avec un ordinateur ou un téléphone cellulaire.

Les enjeux : de beaux défis pour les organisations

L’enquête sur la génération C aura permis de vérifier que les jeunes sont de grands utilisateurs des technologies de l’information. Cependant, l’enquête nous a aussi appris que ce ne sont pas tous les jeunes qui utilisent Internet et les technologies avec la même intensité. Les organisations feront donc face à divers défis, notamment celui d’enseigner, de communiquer et d’intégrer des jeunes qui auront des aptitudes différentes avec les technologies. Les technologies pourront permettre aux organisations de répondre aux attentes des jeunes étudiants, travailleurs, consommateurs et citoyens, pour celles qui auront pris le temps d’apprivoiser ces technologies et de les utiliser à bon escient.

Enquête sur la génération C : les 12-24 ans, utilisateurs extrêmes d’Internet et des TI

27 octobre 2009 par Liette D'Amours

C’est en présence de ses deux coprésidentes d’honneur Dominique Vien, ministre des Services gouvernementaux du Québec, et Liliane Laverdière, présidente de la Chambre de commerce de Québec et vice-présidente, Développement des affaires à la vice-présidence Relations gouvernementales au Mouvement Desjardins que le CEFRIO a tenu, les 20 et 21 octobre 2009, son colloque international sur la génération C. Cet événement regroupait au Centre des congrès de Québec plus de 500 participants et quelque 50 conférenciers provenant des quatre coins du globe.

En primeur, le CEFRIO y a révélé les résultats de son enquête sur la génération C. Réalisée en collaboration avec Léger Marketing, cette étude fait le point sur les perceptions et les comportements des 12-24 ans face aux technologies de l’information et sur les usages qu’ils en font. Au total, 2000 jeunes Québécois ont été sondés par téléphone ou par Internet et ont ainsi permis d’explorer en quoi leur utilisation des TI et d’Internet change et changera leur façon d’étudier, de travailler, de consommer et même d’exercer leur rôle de citoyen.

De grands adeptes des TI
Sans grande surprise, l’enquête génération C révèle que les 12-24 ans comptent parmi les grands consommateurs de technologies de l’information de notre société. Ainsi:

  • 84% d’entre eux possèdent un lecteur de type MP3 (un iPod, par exemple)
  •  64% ont un ordinateur de bureau
  • 60% une console de jeu vidéo
  • 57% un téléphone cellulaire conventionnel
  • 39% un ordinateur portable et
  •    5% un cellulaire intelligent (tel BlackBerry).

Si les garçons sont plus susceptibles de détenir un ordinateur de bureau, une console de jeu ou un cellulaire intelligent que les filles, celles-ci sont par contre plus nombreuses à posséder un cellulaire.

Côté connexion, 91% des jeunes Québécois ont accès à Internet haute vitesse à la maison. Le sondage nous apprend également que les 18-24 ans sont de plus grands utilisateurs d’Internet que les 12-17 ans. Les premiers passent en moyenne 22 heures par semaine sur Internet comparativement à 16 heures pour les seconds.

Quand on divise les jeunes Québécois selon leur utilisation d’Internet, on constate :

  • que 43% des 12-17 ans sont de « petits » utilisateurs (naviguent 10 heures et moins chaque semaine);
  • que 32% sont des utilisateurs « moyens » (entre 11 et 20 heures) et
  • que 25% sont de « grands » utilisateurs (21 heures et plus).

En comparaison, 27% des 18-24 ans se classent dans le premier groupe, 32% dans le second et 40% dans le dernier. Précisons également que les grands utilisateurs d’Internet sont plus souvent des garçons et qu’ils y consacrent en moyenne 36 heures par semaine.

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Les séniors à l’heure du numérique

29 juin 2009 par Najoua Kooli

Le Québec compte désormais 1 million d’aînés internautes réguliers et 475 000 occasionnels, ce sont 48% des 55 ans et plus qui sont sur le Net à tous les jours. Bien qu’il s’agisse du groupe le moins présent sur Internet, c’est de toute évidence celui pour lequel on observe le plus fort taux de croissance (35%) depuis ces deux dernières années (source : NETendances 2008).  Ces données soulèvent de nombreuses questions : à quoi ressemblent ces seniors numériques et que font-ils sur le Web?

Qui sont les seniors numériques?

La génération aînée numérique est majoritairement urbaine, éduquée, encore active, avec un pouvoir d’achat élevé! Sans être des natifs du web, ils sont bien équipés et connectés à la haute vitesse!

Et que font-ils sur Internet?

Avant tout du courriel!  En 2008, 40,7% des 55 ans et plus ont communiqué avec des parents et amis par courriel. Le Net est probablement vu comme un outil susceptible de renforcer les liens avec les proches, la famille et les amis.

Par ailleurs, les aînés donnent leur préférence aux activités informationnelles : 23% sont abonnés à des listes d’envoi et à des infolettres.  Ils surfent également pour planifier leurs vacances (22%) ou rechercher des renseignements liés à la santé (21%). Mais aussi… pour réaliser en ligne des transactions bancaires (19%). 

Lorsqu’ils se divertissent en ligne, c’est notamment pour regarder et télécharger des photos (12%). Ces « technologies relationnelles » semblent leur permettre de communiquer avec leurs enfants ou petits enfants, d’échanger des photos ou de rechercher des souvenirs et des informations généalogiques sur le Net, bref d’être de leur temps !

Cette génération qui n’a pas grandi avec une souris entre les mains semble cependant moins prête au commerce électronique et encore moins  aux usages collaboratifs du Web: seulement 6% ont acheté en ligne en 2008 et les sites de réseautage arrivent en dernière place dans leurs utilisations (5%).  Toutefois, 11% consultent des blogues, ce qui en fait l’activité collaborative la plus répandue auprès de ces derniers.

Les données de NETendances permettent de donner un aperçu intéressant des seniors numériques, les dépeignant d’abord comme des amateurs de courriels et d’activités informationnelles, plus hésitants à l’égard des achats en ligne et des outils collaboratifs.  Il demeure cependant plusieurs questions à approfondir pour mieux comprendre l’usage et la perception qu’ils ont des TI.  À cet égard, le projet Génération A (A pour aînés, mais aussi pour auteurs, adopteurs, acteurs de la société d’aujourd’hui) ; permettra d’aborder plus en profondeur ces questions,  à savoir… s’ils sont à l’aise avec l’offre Web actuelle ou s’il faudrait imaginer une offre de services mieux adaptée à leurs besoins? Quelles sont les spécificités des différents groupes d’aînés Internautes, qui sont les non internautes et comment s’y adresser? Quelles sont leurs pratiques et leurs activités sur le Web? Les motivations et les freins à l’usage d’Internet? Comment réagissent-ils à des solutions technologiques qui leurs seraient plus spécifiquement dédiées? … et tout cela dans le but de leur offrir une société branchée à leur mesure.

(Source : Netendances 2008)