La démocratie participative. Est-ce pour nous ?

L’usage du Web participatif est bien répandu au plan individuel, mais qu’en est-il au plan de la société? Les outils sociaux pourraient-ils offrir de nouvelles voies à la démocratie?

L’expression même démocratie participative ne signifie-t-elle pas faciliter et soutenir l’action citoyenne? Le concept apparait dès la fin des années 1960 en questionnement à l’égard de la démocratie représentative institutionnalisée et bureaucratisée.  L’idée consiste à  associer les citoyens aux décisions politiques ou administratives et leur permettre de les influencer en favorisant la transparence et le respect. Les avancées des sciences et des technologies de même que la disponibilité des savoirs, génèrent  l’ouverture nécessaire à des discussions et à des débats où le citoyen peut  prendre part  activement et proposer lui-même des arguments et des solutions pertinentes et documentées. Bref, entamer la discussion vers l’action!

Certains experts, dont Michel Koebel,  dans son ouvrage Le pouvoir local ou la démocratie improbable,  émet certains doutes sur les élus qui tentent diverses expériences  démocratiques, par exemple «Quand ils veulent tenir compte des demandes des habitants, ils les reçoivent individuellement, évacuant ainsi les problèmes collectifs qu’ils expriment». Il mentionne également que dans le cas des consultations publiques,  l’élu local peut manipuler à son escient les questions et les réponses souhaitées.

Par ailleurs, les technologies de l’information permettent de décupler les facultés et la facilité des êtres humains à communiquer, car elles constituent des outils formidables de réseautage et de démocratisation1.

Au Québec, peu de municipalités, de partis politiques ou d’organismes de développement ont adopté les outils sociaux à des fins démocratiques. Pour la Métropole, la discussion semble porter davantage sur des changements d’attitudes et de comportements — respectueux envers les citoyens et ouvert à la participation. L’adoption de ces nouveaux outils, qui permettraient l’ouverture à de nouvelles idées et de nouveaux publics, n’apparait pas sur le radar pour le moment.

Concrètement, des exemples illustrent ces apports démocratiques.  L’utilisation avec succès des médias sociaux – en l’occurrence Facebook- pour le recrutement de militants, la collecte de fonds et la mobilisation des groupes locaux dans la campagne de Barak Obama. L’équipe du Président communique et consulte régulièrement les électeurs en utilisant Facebook et Twitter. Le nouveau président a de plus lancé l’ère des discours sur YouTube.

Plus près de nous, l’équipe du CLD de Bonaventure innovait en janvier dernier en invitant les citoyens  à participer au développement du Plan d’Action Local pour l’Économie et l’Emploi (PALÉE). Lors du lancement de l’initiative, le directeur général de l’organisme, Étienne Bouchard, insistait sur les trois valeurs de la démarche, l’innovation, la concertation et l’inclusion: «Il y a encore trop de personnes qui ne se reconnaissent pas dans nos activités traditionnelles de consultation, ou encore qui n’ont pas le temps d’y assister.» L’apport des technologies de l’information, par l’usage d’un blogue et d’une douzaine d’ateliers,  prend tout son sens  dans les processus de décision et en complément aux processus habituels de communication et de concertation.

Aux dires de la responsable de la démarche, Carmita Rodrigues, l’initiative ambitieuse au départ a porté fruit. Le site de la consultation était divisé en deux espaces : un espace public où figure le blogue du président du CLD et un espace semi-privé dédié aux ateliers et auquel le citoyen devait s’inscrire pour participer. Un millier de nouvelles personnes ont fréquenté l’espace public du site et quelque 400 ont participé aux ateliers de travail. Ces ateliers étaient animés par des volontaires spécialistes dans leur secteur respectif qui, pour l’alimentation en contenu, faisaient appel à des collaborateurs sectoriels.

Hormis la remarquable participation des volontaires et des citoyens, il faut saluer l’esprit d’aventure et leur volonté de travailler avec le milieu ! Pour les artisans de cette première québécoise, une telle initiative demande une certaine dose d’humilité puisque aucune de ces personnes n’était spécialiste en médias sociaux ou en rédaction Web. L’appropriation de l’usage, en l’occurrence du wiki, s’est déroulée au fil de l’expérience.  Mme Rodrigues a souligné la médiatisation de l’initiative ainsi que des sondages fréquents auprès de la population comme étant des facteurs ayant contribué à l’achalandage du site du projet et de la tournée publique. Forte des commentaires recueillis, l’équipe du CLD rédige actuellement son PALÉE.

Internet et les outils sociaux proposés en 2e génération permettent tous les possibles et dans le cas de la démocratie un renouveau du pouvoir public, dans le sens où si ces outils sociaux sont bien utilisés, ils pourraient aussi réussir à intéresser les jeunes générations et les désintéressés à la chose publique !

Partager et enrichir en réseau vos expériences du Web participatif vous intéresse? L’invitation vous est ici lancée!

1. Ce paradoxe entre l’apport positif et son contraire d’Internet est fort bien exprimé par Benoit Arlabosse dans son papier du 25 mai dernier Internet nous coupe-t-il des autres ?

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Actuellement, de nombreux chantiers se déroulent un peu partout sur ce thème ou ont eu cours. À titre d’exemple, IBM a récemment couronné son concours Réinventer nos villes, concours dédié à quelque 4000 étudiants d’études supérieures. On y parle aussi de citoyenneté et de réseaux sociaux. Et celui-ci, à la fin de mai, La démocratie locale hors des murs!

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