Archives pour mars 2010

Les TIC : un atout pour les Montréalaises?

16 mars 2010 par Annie Lavoie

Le 30 mars prochain, Najoua Kooli, directrice de projet au CEFRIO participera à la table ronde du Réseau d’échanges, de concertation et d’influence pour les femmes de Montréal (CRÉ Montréal). Sous le thème « Les nouvelles technologies d’information et de communication : un atout pour les montréalaises ? », Najoua Kooli y présentera un portrait de l’utilisation des TIC par les femmes québécoises brossé à partir des résultats de l’étude NETendances 2009. Cette table ronde sera également composée de personnes-ressources qui échangeront sur leurs préoccupations relatives aux nouvelles technologies de l’information et de communication.

Information

Michelle Issa, consultante en organisation d’événements
Pour le comité Femmes de la CRÉ de Montréal
514 879-6392 ou 514 258-3756

 

 

L’innovation ouverte : pour susciter plus de collaboration

12 mars 2010 par Lise Santerre

Introduit en 2003 pour aider les entreprises à gérer leur processus d’innovation le plus efficacement possible, l’innovation ouverte rend compte d’un ensemble de pratiques qui se sont développées au fil du temps. Le concept est défini comme suit par son auteur Henry Chesbrough, professeur à l’Université Berkeley :

« Open innovation is the use of purposive inflows and outflows of knowledge to accelerate internal innovation, and expand the markets for external use of innovation, respectively. [This paradigm] assumes that firms can and should use external ideas as well as internal ideas, and internal and external paths to market, as they look to advance their technology1. »

Dans un modèle ouvert, les entreprises utilisent plusieurs sources d’information et de connaissances pour innover (recherche-développement, acquisition de technologie, capital humain, demande et besoins du marché, stratégies de commercialisation, etc.). Ces sources sont internes et, de plus en plus, elles sont extérieures à l’organisation. L’ouverture se manifeste également par la multiplication des canaux de commercialisation des actifs immatériels que l’entreprise souhaite faire fructifier, notamment en rendant disponible une partie de ces actifs qui ne seront pas exploités dans sa propre stratégie de développement.

L’approche de l’innovation ouverte suscite beaucoup d’intérêt, tout d’abord pour son apport possible à l’amélioration de la productivité et de la capacité concurrentielle des organisations, qu’elles soient privées ou publiques. Le nouveau modèle d’analyse est également intéressant dans la mesure où il remet en question l’approche linéaire par laquelle le processus d’innovation est le plus souvent représenté et en offre une vision beaucoup plus dynamique et complexe. Dans la foulée, le modèle met bien en lumière la diversité des modes (doing, using, interacting – DUI et science, technologie, innovation – STI) et des formes d’innovation (technologique, organisationnelle, commerciale, sociale, etc.), par lesquelles les entreprises procèdent pour innover, qu’il s’agisse d’innovation radicale ou incrémentale.

Les bénéfices et les risques de l’innovation ouverte

Le modèle de l’innovation ouverte révèle les très nombreuses interactions qui existent entre les acteurs. Il stimule ces connexions à travers toutes sortes de collaborations et de réseaux qui ont continué de se diversifier au cours des deux dernières décennies : association entre les donneurs d’ordres et les fournisseurs, réseaux interentreprises, consortiums université/entreprises, alliances corporatives, fusions et acquisitions d’entreprises, grappes industrielles, pôles d’excellence, parcs technologiques, etc. Dans ce contexte, les technologies de l’information et les possibilités accrues de connexion qu’elles offrent, en particulier les multiples plateformes de collaboration en réseau, s’avèrent des outils précieux.

Les ententes de coopération, que ce soit avec d’autres entreprises, des équipes de recherche, des clients, des fournisseurs ou d’autres partenaires, portent sur la mise au point de nouveaux produits, de nouveaux procédés et de nouvelles stratégies. Elles offrent de nombreux avantages. Par exemple, elles donnent accès aux savoirs et aux expertises des spécialistes, où qu’ils se trouvent. Elles permettent aussi de partager le coût de plus en plus important des projets de recherche-développement et d’innovation, et de répartir ainsi le risque élevé que ces projets comportent dans des marchés incertains en rapide évolution.

Entre autres bénéfices, les collaborations mettent à la disposition des participants des sources d’idées nombreuses et variées par l’intermédiaire de leurs partenaires; elles aident à faire un meilleur usage des moyens dont chacun dispose pour innover. Elles rendent alors possible la création de masses critiques de ressources et d’acteurs plus concurrentielles sur la scène internationale. On constate qu’elles peuvent également avoir des retombées importantes sur le plan du développement régional.

L’innovation ouverte va à l’encontre du travail en silo et du secret autour des résultats des découvertes, quoique le secret industriel demeure une pratique courante. On s’en doute, l’ouverture des processus d’innovation comporte aussi des écueils, notamment pour les plus petites entreprises qui ne disposent pas des ressources ni des compétences nécessaires pour bien protéger leurs actifs immatériels et se retrouvent parfois dans un rapport de force très inégal face aux grands donneurs d’ordres. Les ententes de partenariat peuvent s’avérer complexes et difficiles à conclure, lourdes à gérer, longues et coûteuses, tout comme la négociation entourant le partage des droits de propriété intellectuelle2.

Des expériences québécoises fructueuses

Les pratiques de l’innovation ouverte sont d’abord apparues dans les grandes entreprises les plus innovantes comme Proctor & Gamble, Intel et Philips, pour gagner ensuite les plus petites firmes3. Aujourd’hui, ces pratiques s’étendent graduellement aux autres acteurs qui participent aux démarches d’innovation et apportent un soutien aux entreprises : laboratoires publics de recherche, organismes d’aide au développement économique et régional, centres de transfert, etc.

Au Québec, certains cas exemplaires illustrent bien les pratiques de collaboration mises en œuvre dans la perspective d’une démarche qui correspond aux principes de l’innovation ouverte. Le Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ), le Centre d’innovation en microélectronique – CIM (regroupant IBM, Dalsa, l’Université de Sherbrooke, des fournisseurs en équipement et 250 chercheurs), les Partenariats de recherche orientée en microélectronique, photonique et télécommunications (PROMPT), FPInnovation dans le domaine des bioproduits de la forêt, Hexagram dans le secteur des arts numériques, le Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CQRDA) et le Consortium québécois sur la découverte du médicament (CQDM) sont des regroupements de partenaires provenant des milieux gouvernementaux, industriel (grandes entreprises et PME) et de la recherche qui ont réussi à créer une bonne dynamique autour de pôles d’excellence dans leur secteur respectif.

Une publication récente sur la question

Le Conseil de la science et de la technologie vient tout juste de publier son Rapport de conjoncture 2009 intitulé Innovation ouverte : enjeux et défis pour le Québec qui propose une lecture de la situation du Québec au regard de l’innovation ouverte4. Le présent article s’en est largement inspiré. Le document présente une première réflexion exploratoire des principaux défis que soulève l’innovation ouverte en matière de recherche publique, de recherche industrielle et d’innovation en entreprise, et de valorisation, transfert et intermédiation. En outre, le rapport aborde les enjeux sociétaux et ceux de la gouvernance.

De prochaines éditions de SISTech présenteront les fonctions de valorisation, transfert et intermédiation de même que la question du rapprochement science-société à travers le prisme de l’innovation ouverte.

 

Pour en savoir plus :

1) H. Chesbrough (2006), Open Innovation: Researching a New Paradigm, http://www.openinnovation.net/
2) Voir à ce propos l’article de M. Docherty (2006), «Primer on open innovation : Principles and practice», Research-Technology Management, juillet-août, p. 13-17
3) S. Viskari, P. Salmi et M. Torkkeli (2007), Implementation of Open Innovation Paradigm Cases: Cisco Systems, DuPont, IBM, Intel, Lucent, P&G, Philips and Sun Microsystems.
4) L’auteure de cet article était jusqu’à tout récemment employée au CST où elle a coordonné la production de ce rapport.

Séminaire sur la Gestion et le transfert des connaissances dans le secteur public

11 mars 2010 par Lise Santerre

En février dernier, le CEFRIO a organisé en collaboration avec l’ENAP et le Secrétariat du Conseil du trésor, un séminaire qui visait à sensibiliser les intervenants du secteur public à l’importance de la gestion des connaissances stratégiques. Des cas exemplaires y ont été présentés afin d’amorcer une réflexion sur les enjeux, les défis et les tendances émergentes dans le domaine. Tenu à guichet fermé, l’événement a réuni plus d’une centaine de participants.

Rappelons qu’au cours des dernières années, le CEFRIO a acquis une forte expertise en gestion du savoir. Son projet de recherche-expérimentation Transfert intergénérationnel des savoirs a notamment aidé les organisations participantes à définir de façon plus stratégique les savoirs et les savoir-faire qu’elles ne pouvaient se permettre de perdre à la suite du départ à la retraite ou du départ tout court d’employés expérimentés.

Compte rendu

Des présentations, en plénière, ont d’abord permis de brosser un court portrait de la situation au sein de l’appareil gouvernemental québécois et d’expliquer le contexte du projet de recherche-expérimentation en transfert intergénérationnel des savoirs, conduit par le CEFRIO. Ces présentations ont également porté sur les conditions de succès d’une démarche organisée de gestion des connaissances et sur les questions qu’elle soulève.

Un premier atelier sur les enjeux organisationnels et les défis à relever a clairement fait ressortir l’importance et la diversité des besoins des organisations dans le cadre des départs massifs à la retraite, mais également au quotidien, face à la mobilité grandissante de la main-d’œuvre. Si des efforts sont nécessaires pour lever les obstacles à un transfert efficace d’expertise dans nos organisations (limite des ressources disponibles, manque d’expertise, absence de volonté, etc.), il importe de viser aussi, à plus long terme, un véritable changement de culture dans le but d’instaurer des pratiques de gestion des connaissances plus efficaces.

Le second atelier a porté sur les interrelations entre la gestion des connaissances et la gestion des ressources humaines. Les participants ont convenu que les directions des ressources humaines sont responsables d’accompagner les gestionnaires dans leur démarche de transfert de connaissances et ce, conjointement avec les autres directions concernées. Ils ont exprimé divers besoins : de formation, de professionnalisation, d’outillage et d’harmonisation des procédures dans le domaine. Enfin, les échanges ont mis en lumière la nécessité de partager les expériences et de susciter des synergies entre les responsables de projet.

Plusieurs organismes se sont dits intéressés à participer à une démarche de recherche-expérimentation en transfert de connaissances avec l’appui du CEFRIO. Ceux qui voudraient faire de même sont invités à communiquer avec le Centre.

Que font les Québécoises sur Internet ?

10 mars 2010 par Liette D'Amours

Selon les derniers résultats de l’enquête NETendances du CEFRIO, les femmes semblent prendre une place de plus en plus importante sur Internet. Depuis 2000, la proportion de femmes internautes a augmenté de 106%, passant de 34% à 70% en seulement neuf ans. Même si les hommes demeurent plus nombreux à utiliser Internet, l’écart entre les deux sexes ne cesse de diminuer. L’étude révèle aussi que les femmes aiment échanger sur Internet. Plus de la moitié d’entres elles clavardent et communiquent par courriel. Elles sont également de grandes utilisatrices d’opérations bancaires en ligne et trouvent le Web très intéressant pour magasiner et planifier leurs vacances. Les Québécoises apprécient également les sites de réseautage puisque près de 30% d’entre elles fréquentent et participent aux réseaux sociaux.

Les résultats détaillés de l’étude NETendances 2009 seront dévoilés lors de l’événement Boule de cristal organisé par le CRIM le 8 avril prochain.

Pour en savoir plus

Communiqué de presse du 8 mars 2010
Communiquer, s’informer, magasiner…Que font les Québécoises sur Internet?

Internet, la grande aventure des aînés

9 mars 2010 par Benoit Arlabosse

Internet et les nouvelles technologies constituent très souvent une vive source d’inquiétudes pour les aînés du Québec. Si la plupart d’entre eux reconnaissent la richesse des nouveaux outils de communication, beaucoup s’inquiètent des différentes dérives réelles ou supposées d’Internet.

L’enquête Génération A, menée par le CEFRIO auprès de 2000 internautes québécois de plus de 55 ans, s’est penchée sur leurs perceptions à l’égard des technologies. L’utilisation d’Internet par les aînés est influencée par une vaste dimension émotionnelle. Le voyage dans le cyberespace a parfois des allures d’aventure dangereuse pour certains d’entre eux. Entre craintes légitimes, peurs irrationnelles, voire même légendes urbaines, la perspective des aînés est riche d’enseignements quant aux efforts à fournir afin de réduire la fracture numérique.

L’appréhension des aînés varie selon leur niveau de maîtrise et d’expertise. Chaque étape de la « cybervie » d’un senior est jalonnée par différentes peurs.

Les craintes des seniors non utilisateurs sont forgées par un ensemble de variables psychosociologiques difficiles à mesurer. Les expériences des enfants et petits enfants entendues lors des soupers de famille sont souvent la source de croyances solidement ancrées. Internet prend alors une dimension quasi-mystique. « Internet, c’est un peu la Tour de Babel » confie une participante à l’un de nos groupes de discussion1 . À ces croyances, s’ajoute souvent une forte résistance au changement, inhérente à « l’âge d’or ». La difficulté pour convertir ces aînés au numérique est grande, parfois insurmontable.

Les aînés nouvellement arrivés dans le cyberespace sont souvent terrorisés à l’idée de « faire des erreurs ». Ils sont déchirés entre les croyances qu’ils avaient avant d’acquérir l’ordinateur et la crainte de devoir faire appel au fils ou à la fille, qu’ils voient comme un « expert » en informatique. Virus, pourriels, bogues, « numéro de carte de crédit », sont autant d’expressions qui font frémir nos aînés curieux et ralentissent leur processus d’apprentissage. Plusieurs recherches universitaires ont été menées sur ces appréhensions. Thatcher et Perrewé (2002) relient cette anxiété à « la perte d’informations et à la possibilité de faire des erreurs ». Finalement, seule la pratique régulière d’Internet pourra réduire ces craintes. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » conclut une participante à un groupe de discussion avec des aînés initiés.

Les « papy surfers », familiers avec l’usage d’Internet, éprouvent quant à eux des craintes proches de celles de la population internaute dans son ensemble. L’enquête Génération A montre que la plupart des aînés internautes sont préoccupés par les notions de sécurité en ligne et beaucoup  pensent qu’il n’est pas encore sécuritaire de faire des achats en ligne. Les aînés sont également très réfractaires à l’usage des réseaux sociaux et ils pointent du doigt la nécessité de protéger leurs renseignements personnels sur Internet.

Entre fascination et appréhension, les aînés sont souvent troublés par l’ambivalence de leurs sentiments à l’égard des technologies. Démystifier Internet paraît indispensable afin que les aînés rejoignent le cyberespace. Pour cela, l’accompagnement par des personnes qualifiées et soucieuses de vulgariser la pratique d’Internet auprès des aînés est inévitablement une piste à privilégier.

1Dans le cadre du projet Génération A, le CEFRIO a mené plusieurs groupes de discussion à Québec et à Montréal auprès d’aînés internautes et non internautes