Refaire le monde en écrivant
3 mars 2010 par Raphaël DanjouLa fabrique du numérique débattait le 26 février 2010 de la création, de l’édition et de la diffusion en mode numérique. Organisée par René Audet, Éric Duchemin, Clément Laberge et constituée d’ateliers thématiques, la journée faisait le tour du livre numérique et de ses acteurs.
Un certain nombre de changements déjà effectifs ont été relevés :
- Le numérique est aujourd’hui un outil de promotion pour vendre le papier ;
- Le rôle de l’éditeur évolue, devenant de plus en plus un « encadreur-conseil » ;
- L’identité numérique passe par la sélectivité : pour être reconnu par son réseau et créer un réseau à son image, il faut orienter son profil en choisissant ceux qui nous ressemblent et les endroits où laisser une trace de son passage (forums, blogues, twitter, facebook…).
Alors que d’autres évolutions n’auront pas lieu :
- La gestion des droits numériques par DRM (Digital Rights Management) n’est pas une solution, elle sera balayée par Internet ;
- La définition d’un modèle économique est une perte de temps : mieux vaut se concentrer sur l’innovation dès maintenant.
Voici donc quelques recommandations qui ont été faites :
- Réunir les blogues littéraires pour développer l’écriture et établir un répertoire thématique
- Réunir les écrivains pour développer une littératie du livre numérique à destination du grand public ;
- Ne pas limiter l’expression à 140 mots : la longueur du texte est une expérience littéraire à valeur ajoutée dont l’éditeur pourrait s’inspirer pour vendre les livres.
Ainsi que quelques réflexions pour le monde de demain :
- Jusqu’à présent, les formats numériques gardent le lien avec le format papier : le livre numérique reste donc à inventer entièrement ;
- Nous sommes des immigrants du livre numérique mais la génération suivante sera composée de natifs…
J’aime particulièrement cette idée que le livre numérique, finalement, n’existe pas encore, malgré le combat de l’industrie à ce sujet : cela laisse à chacun la chance de le créer !


