Archives pour janvier 2010

Mesures pour développer les compétences du XXIe siècle

25 janvier 2010 par Raphaël Danjou

Le gouverneur de la Californie, afin d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens, accroitre la productivité et préparer une main-d’œuvre compétitive pour l’économie industrielle et culturelle du XXIe siècle, posait l’objectif de veiller à ce que tous les résidents de la Californie aient une culture numérique : qu’ils puissent acquérir ces compétences et les faire évoluer de manière continue ; qu’ils aient accès aux technologies de l’information et de communication, indépendamment de leur revenu, de leur emplacement géographique ou de toute autre particularité.

Ainsi, une politique d’alphabétisation numérique aux TIC digne de ce nom doit :

• Promouvoir un engagement envers l’alphabétisation numérique aux TIC comme compétence de base indispensable à tous les résidents ;
• Favoriser le soutien institutionnel aux stratégies d’alphabétisation numérique dans l’éducation, l’intégration de la main-d’œuvre et les services gouvernementaux ;
• Encourager les opportunités d’alphabétisation numérique aux TIC dans les processus d’innovation technologique et de formation continue de la main-d’œuvre ;
• Procéder à une analyse comparative et mettre en place des méthodologies normalisées, des indicateurs pour le suivi des réalisations ;
• Définir un échéancier et planifier les étapes qui permettront de valider chacun des progrès enregistrés jusqu’à achèvement.

Une politique qui répondra à ces préoccupations permettra à la Californie et à ses citoyens de participer pleinement et être compétitifs dans l’économie mondiale du XXIe siècle en faisant bon usage des nouvelles technologies. L’élément clef de succès d’une telle politique est de reconnaitre l’alphabétisation numérique comme une compétence de base du XXIe siècle que chaque citoyen doit pouvoir maitriser.

Le California TIC Digital Literacy Leadership Council créé à cet effet, en collaboration avec son ICT Digital Literacy Advisory Committee, devait soumettre au gouverneur un plan d’action pour le 31 décembre dernier.

Sources :
California ICT Digital Literacy Policy Framework, novembre 2008.
Executive order by the Governor of the State of California, mai 2009.

Projet NetGouv citoyen : c’est parti!

22 janvier 2010 par Philippe Aubé

D’ici juin, le CEFRIO réalisera une enquête pour déterminer quelles actions le gouvernement devrait entreprendre pour que des citoyens internautes et non internautes accèdent aux services gouvernementaux en ligne.

Rappelons que l’enquête NetGouv 2007 du CEFRIO nous apprenait que 48 % des citoyens québécois n’utilisent pas les services en ligne du gouvernement, la moitié d’entre eux était des non internautes.

Le projet NetGouv citoyen aura comme objectif de mieux identifier les facteurs de blocage et de motivation à l’accès aux services publics en ligne en réalisant des groupes de discussions. L’enquête sera réalisée grâce à la participation du ministère des Services gouvernementaux, de la Société d’assurance automobile du Québec et de Revenu Québec. D’autres partenaires pourraient être confirmés sous peu.

Un point sur les technologies vertes

18 janvier 2010 par Raphaël Danjou

 

La technologie environnementale (encore appelée technologie de l’environnement ou technologie verte ou écotechnie) est une des applications des sciences environnementales visant à développer des outils pour :

  • la biosurveillance (bioindication) et la mesure des teneurs en certains polluants de différents milieux (air, eau, sol …) ou d’un réseau trophique (bioconcentration…) ;
  • la réhabilitation ou l’assainissement (ex : bioremédiation, phytoremédiation..) de lieux contaminés (lutte contre les marées noires, conservation du sol, séquestration du carbone, radioprotection) ;
  • la gestion des déchets : recyclage, incinération des ordures ménagères, épuration des eaux… ;
  • l’usage raisonné des ressources : écoconstruction, économie d’énergie, économies d’eau ;
  • le renforcement de l’utilisation d’énergies renouvelables et propres (énergie solaire, géothermie …) ;
  • l’épuration de l’air intérieur (ex : programme phyt’air)

Ces outils visent généralement des solutions plus économes et efficientes, la réduction de notre empreinte écologique, pour un développement durable.

Quelle est leur place dans l’économie ?

L’étude du WWF « Économie propre, planète vivante - Construire des industries de technologies propres », indique que les technologies vertes sont en passe de devenir le troisième secteur industriel au monde d’ici 2020, atteignant une valeur de 2 400 milliards de dollars canadiens par an et devenant ainsi le troisième secteur industriel, juste derrière celui de l’automobile et de l’électronique.

En 2007, les ventes de technologies propres, c’est-à-dire peu gourmandes en énergies fossiles utilisant notamment le solaire, les éoliennes ou les biocarburants, atteignaient 1 000 milliards de dollars canadiens, devant celles de l’industrie pharmaceutique. Et d’après l’étude, l’augmentation des énergies renouvelables devrait continuer à se faire au rythme de 15% par an.

L’Allemagne, les Etats-Unis et le Japon sont aujourd’hui en tête pour les ventes de technologies vertes, selon les données citées par le WWF. A la quatrième place actuellement, la Chine devrait rapidement augmenter ses parts de marchés dans les années à venir.

Pas étonnant alors que le 8 janvier 2010, Barack Obama devant se prononcer sur la situation économique et les difficultés rencontrées sur le marché du travail aux États-Unis, annonçait l’octroi aux entreprises de 2.3 milliards $ US en crédits d’impôts pour promouvoir les technologies vertes, véritables créatrices d’emplois.
 

Sources : Wikipedia ; WWF Canada ; Reuters.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Technologie_environnementale
http://wwf.ca/newsroom/?5801/GrowingChinaindustryhelpscleanenergyboom (World Wildlife Fund Canada, 11 décembre 2009)
http://www.reuters.com/article/idUSTRE6074UW20100110 (Par Alister Bull, 8 janvier 2010)

 

La gestion des connaissances : un remède approprié au secteur de la santé ?

15 janvier 2010 par Mireille Lacasse

 

En octobre 2009, l’Institut national de santé publique du Québec a lancé une publication intitulée Animer un processus de transfert des connaissances, bilan des connaissances et outil d’animation. L’Institut répondait ainsi à une demande du ministère de la Santé et des Services sociaux visant à valoriser les résultats de la recherche en santé publique pour mieux soutenir les différents acteurs du réseau. Bien que le document ait été réalisé à l’intention du secteur de la santé, il présente des solutions qui peuvent intéresser un public beaucoup plus vaste.

Les auteures1 ’intéressent d’abord à la nature particulière des connaissances dans le secteur de la santé publique et distinguent les trois catégories suivantes :

1. Les connaissances issues de la recherche, lesquelles se concrétisent par exemple dans des rapports de recherche ou des articles scientifiques ;
2. Les connaissances issues des savoirs tacites, lesquelles réfèrent au « savoir-faire » de praticiens, de chercheurs ou de professionnels et exigent d’être formalisées et intégrées dans divers produits ;
3. Les connaissances issues des données analysées, lesquelles peuvent être de diverses natures (données sur l’état de santé de la population, données sur l’utilisation des services, indicateurs de gestion, etc.).

La démarche adoptée a également permis de mettre en lumière les différentes approches privilégiées, dans le secteur de la santé, pour assurer le transfert des connaissances, soit :

1. L’approche linéaire ou unidirectionnelle, laquelle correspond à la communication par les chercheurs des résultats de leurs recherches ;
2. L’approche de résolution de problèmes, laquelle met en présence différentes ressources à la recherche d’une solution à un problème concret ;
3. Les approches interactives, lesquelles s’appuient sur des échanges entre les producteurs de connaissances et les utilisateurs potentiels.

Les auteures s’intéressent plus particulièrement aux approches interactives parce que ce sont elles qui contribuent à réduire l’écart entre le monde de la recherche et celui de la pratique, et ce, du fait qu’elles intègrent les connaissances des spécialistes et le « savoir expérientiel » des utilisateurs, ces derniers devenant alors des coproducteurs de la connaissance. Elles soutiennent également que « les nouvelles approches en transfert des connaissances conçoivent de plus en plus le transfert des connaissances comme un processus continu impliquant des interactions plus ou moins fréquentes entre plusieurs groupes d’acteurs œuvrant dans des contextes sociopolitiques et des environnements organisationnels spécifiques et jouant tour à tour un rôle dans la production, le relais et l’utilisation des connaissances ».

Quant au transfert proprement dit des connaissances, il pourrait, de l’avis des auteures, se décliner en sept étapes :

1. La production des connaissances ;
2. L’adaptation de façon à rendre les connaissances accessibles à divers publics ;
3. La diffusion sous forme de différents produits ;
4. La réception (soit la capacité et l’intérêt des utilisateurs potentiels pour ces connaissances) ;
5. L’adoption des connaissances par les utilisateurs potentiels,
6. L’appropriation (soit l’intégration dans le bagage de connaissances des utilisateurs) ;
7. L’utilisation des connaissances, laquelle pourrait être conceptuelle, instrumentale, symbolique et processuelle.

Au-delà des concepts évoqués, les auteures se préoccupent des stratégies de transfert des connaissances. Ainsi, il faudrait tenir compte non seulement du type de connaissances à transférer (résultats de recherches, consensus d’experts, etc.) et des objectifs à atteindre (soutien à la décision, changement d’une pratique professionnelle, etc.), mais aussi des facteurs qui vont favoriser l’utilisation de ces connaissances par les différents publics cibles (praticiens, gestionnaires, usagers, etc.).

Les auteures concluent qu’un des défis majeur du transfert des connaissances est de « s’introduire efficacement à l’intérieur des processus de réflexion et d’action afin de transmettre les bonnes connaissances dans le bon format, aux bonnes personnes et au bon moment ». Elles proposent d’ailleurs un outil conçu pour soutenir les responsables du transfert des connaissances ainsi qu’un aide-mémoire résumant l’ensemble du processus.

1Les auteures sont mesdames Nicole Lemire, M.A., agente de planification, de programmation et de recherche, Karine Souffez, M. Sc., agente de planification, de programmation et de recherche et Marie Claire Laurendeau, Ph. D., coordonnatrice à la recherche et à l’innovation, toutes trois de l’Institut national de santé publique du Québec.

L’Australie investit dans le Bush : l’initiative régionale numérique

14 janvier 2010 par Raphaël Danjou

 

Le premier ministre australien a présenté les 7 premiers projets dans lesquels le gouvernement investira dans le cadre de son initiative régionale numérique : un plan sur 4 ans avec un budget global de 60 millions $ AUS visant à favoriser l’inclusion des régions et des communautés reculées en améliorant leur accès aux services d’urgence, de santé et d’éducation, et ce grâce aux nouvelles technologies et au réseau large-bande ; une initiative cofinancée par les États, les territoires et les gouvernements locaux.

Ces 7 premiers projets sont :

  • Ambulance Mobile Connect en South Australia qui équipera les véhicules de postes informatiques connectés au réseau mobile haute vitesse (2,3 millions $ AUS) ;
  • Health e-Towns en Northern Territory qui fournira des services de santé, d’éducation et de formation à 17 villages éloignés (7 millions $ AUS) ;
  • Bushfire Spotting and Response technologies en North East Victoria qui utilisera les caméras, la télémétrie et la vidéoconférence pour améliorer la capacité de détection des feux et leur gestion (500 000 $ AUS) ;
  • Chronic Disease Management systems en New South Wales qui améliorera la couverture des services de télésanté (5 millions $ AUS) ;
  • Bushfire prediction technology project en Western Australia qui équipera les communautés en systèmes d’alertes et cartes de simulation (2,8 millions $ AUS) ;
  • Connected - Any Student, Any School project en Tasmanie qui offrira des programmes concrets d’e-apprentissage aux écoles (4,9 millions $ AUS) ;
  • The CDM-Net health project en Victoria et Queensland qui fournira aux patients des plans d’assistance pour la gestion de leur maladie chronique (4 millions $ AUS).

 

Source :
Minister for Broadband (2009). « Digital projects to improve services in regional communities », 10 décembre.

Adaptation : Raphaël Danjou.