L’entreprise 2.0: contexte au Québec

Après avoir envahi la sphère des consommateurs, les outils technologiques du Web 2.0 entrent graduellement dans celle des entreprises. Le cabinet d’experts Gartner estimait qu’en 2009, près de six projets liés aux technologies de l’information sur dix incluaient la collaboration des fournisseurs, des partenaires, et même des clients. La notion d’entreprise 2.0 semble s’organiser progressivement, même si certaines pratiques de collaboration sont bel et bien présentes. Pour ces entreprises, la démocratisation de ces usages se fera alors sur une plus grande échelle, entre tous les collaborateurs.

Selon les experts dans le domaine, la diffusion de « l’entreprise 2.0 » semble relativement rapide. Cette adoption s’explique notamment par l’avantage concurrentiel qu’apportent les nouvelles dimensions de la collaboration. L’adoption des technologies du Web 2.0 semble devenir un phénomène mondial et est susceptible d’être légèrement plus rapide par rapport aux autres technologies de l’information.

Mais qu’en est-il du Québec ?

À l’heure actuelle, il existe peu de données statistiques pour démontrer ou illustrer l’usage réel du Web 2.0 ou Web social1 dans les entreprises québécoises. Les études réalisées à ce jour portent principalement sur le grand public ou le marché canadien, américain et européen. Néanmoins un sondage récent sur l’adoption des technologies Web par les entreprises québécoises font ressortir quelques faits saillants en matière d’adoption du Web 2.0.

Réalisé en 2009, le sondage Internet Le Web social en entreprise : où en sommes-nous ?2 permet de prendre le pouls des entreprises québécoises en matière d’adoption du Web 2.0. À noter : puisque ce sondage n’a été effectué qu’auprès des entreprises ayant participé aux éditions précédentes de l’événement Webcom Montréal, son échantillon ne représente pas l’ensemble des entreprises québécoises.

Parmi les entreprises sondées dans cette enquête, 38 % ont un grand intérêt pour le Web 2.0 et une entreprise sur cinq (19 %) estime être avancée ou très avancée dans l’adoption du Web social. Néanmoins, près du tiers des entreprises répondantes sont en mode observation des tendances (31 %) bien qu’elles reconnaissent leur intérêt pour ce virage. Pour la majorité des entreprises répondantes (57 %), le Web social révolutionne les façons de faire traditionnelles en matière de communication et de marketing, sans toutefois les remplacer.

En matière d’investissement dans le Web 2.0, près du quart des entreprises sondées ont investi au cours de la dernière année entre 5000 $ et 50 000 $, incluant les sommes directes (par ex. : l’achat de technologies ou de services) et indirectes (par ex. : la masse salariale). Aussi, une entreprise sur six déclare (16 %) avoir investi plus de 50 000 $ au cours de la même période.

Quant aux principaux obstacles ou freins dans l’adoption ou l’utilisation du Web 2.0, les entreprises répondantes soulignent notamment le manque de ressources (30 %) et la culture organisationnelle (26 %). D’autres obstacles ont également été identifiés par les répondants dont l’indifférence de la haute direction (10 %), les difficultés technologiques (7 %) et le manque de personnel compétent (7 %).

Enfin, pour faire évoluer leur organisation vers l’adoption ou l’utilisation du Web 2.0, plus de 61 % des répondants soulignent l’importance d’avoir accès à des exemples de succès avant de s’engager plus à fond dans l’adoption ou l’utilisation du Web 2.0. Par ailleurs, selon les répondants, des éléments tels que la formation (32 %), les conférences et ateliers (32 %), le recours à davantage d’information pertinente sur le sujet (30 %) constituent des pistes à suivre pour faciliter l’adoption des nouveaux usages du Web social dans les organisations.

Actuellement, force est de constater que plusieurs organisations sont au stade de l’observation du Web 2.0 : les usages sont plutôt timides. Notamment, les résultats de l’enquête NetPME 2009 du CEFRIO rapportent que seulement 3,5 % des PME québécoises utilisent un blogue et 20 % des outils collaboratifs pour communiquer avec leurs clients et fournisseurs. Par ailleurs, près de 18 % des PME québécoises mettent à la disposition de leurs employés des outils collaboratifs pour communiquer entre collègues.

Des opportunités à saisir

Devenir une entreprise 2.0 soulève également à long terme différents enjeux au niveau commercial (répondre aux besoins de sa clientèle actuelle et future), au niveau culturel (les dynamiques collaboratives et les organisations en communautés), au niveau générationnel (l’entrée progressive de la génération Y sur le marché du travail), au niveau informatique (l’adaptation dans les politiques de gestion de l’information et du soutien informatique et de réseautage interne), etc.

Dans la mesure où ils modifient radicalement le mode d’organisation, de connexion et de communication entre les personnes, les modèles organisationnels basés sur les stratégies Web 2.0 s’avèrent généralement plus difficiles à copier et peuvent, par conséquent, fournir un avantage concurrentiel plus durable. En effet, au-delà d’une simple mode, le Web 2.0 et l’introduction de ses technologies en entreprise créent ainsi une réelle occasion pour les entreprises tant pour favoriser l’interaction avec les clients, pour faciliter la collaboration à différents niveaux ainsi que pour stimuler l’innovation, la réactivité et l’agilité.

En effet, ces impacts peuvent s’avérer majeurs dans la mesure où le Web participatif offre des occasions inédites pour revoir des modes de fonctionnement dans les organisations. Le Web 2.0 constitue ainsi un levier tout indiqué pour imaginer d’autres approches d’expérience-client, des approches prometteuses pour assurer la croissance et le développement des organisations. C’est dans ce contexte que le CEFRIO a initié un chantier d’innovation sur le Web 2.0 au Québec. Il entend réunir une douzaine d’organisations issues de secteurs variés pour mettre de l’avant des pratiques nouvelles en matière d’usages du Web 2.0.

Par sa mission, le CEFRIO suit de près les tendances et les phénomènes en émergence en matière de technologies de l’information. L’arrivée du Web 2.0 constitue une tendance lourde, que les organisations ont avantage à saisir dans les stratégies qu’elles mettent de l’avant auprès de leurs clientèles.

Dans le cadre d’un nouveau projet, le CEFRIO a réuni des organisations avant-gardistes qui partagent un intérêt commun : comprendre, utiliser et tirer profit des nouvelles approches du Web 2.0. Des expérimentations concrètes se tiendront dès 2010 dans la douzaine d’organisations participantes selon les défis qu’elles jugeront les plus importants pour elles. Pour appuyer cette démarche, le CEFRIO privilégiera la recherche-expérimentation afin de faire ressortir, entre autres, les déterminants de succès quant à l’utilisation des outils du Web 2.0 dans des contextes et des axes différents (perspective du service à la clientèle et perspective de la gestion des ressources humaines notamment). De plus, les dimensions telles que la gouvernance, la gestion du changement, l’éthique, la sécurité, l’identité numérique seront prises en compte.

Le projet est une occasion de bâtir des usages inédits en matière de Web 2.0 dans différents secteurs d’activités au bénéfice du développement et croissance des organisations privées et publiques.

1- Les deux termes « Web social » et « Web 2.0 » sont utilisés ici comme étant interchangeables.

2- Le sondage a été réalisé par SOM pour le compte de la conférence Webcom Montréal et rezopointzero.com a été mené du 28 septembre au 9 octobre 2009 auprès de 368 participants des éditions précédentes de l’évènement. Le taux de réponse de l’enquête se situe à 21,5 %, et la marge d’erreur pour l’échantillon total est ± 4,5 %.

Pour plus d’infos :
Sébastien Tanguay, directeur, développement des affaires au 418 523-3746, poste 238.

5 commentaires pour “L’entreprise 2.0: contexte au Québec”

  1. René Desrochers dit :

    Tout au long de la lecture je n’avais qu’une question en tête: “Mais, qu’est-ce que le web 2.0 exactement?”

  2. René Desrochers dit :

    Tout au long de la lecture du texte, je n\’avais qu\’une seule question en tête: Mais qu\’est-ce que le web 2.0?\"

  3. Kim Diamond dit :

    Bonjour M. Desrochers, je vous invite à consulter notre billet Web 2.0 et entreprise 2.0 : montée en puissance et impacts, sur l’espace blog de notre site.

  4. Kim Diamond dit :

    VOIRIN Consultants : http://www.voirin-consultants.com

  5. referencement internet dit :

    Pour voir une bonne experience déclinée en PME sur le poitou charentes interréssez vous à ce qu’a fait l’entreprise Lipi près d’angoulème

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