Archives pour janvier 2010

L’entreprise 2.0: contexte au Québec

28 janvier 2010 par Youni Shabah

Après avoir envahi la sphère des consommateurs, les outils technologiques du Web 2.0 entrent graduellement dans celle des entreprises. Le cabinet d’experts Gartner estimait qu’en 2009, près de six projets liés aux technologies de l’information sur dix incluaient la collaboration des fournisseurs, des partenaires, et même des clients. La notion d’entreprise 2.0 semble s’organiser progressivement, même si certaines pratiques de collaboration sont bel et bien présentes. Pour ces entreprises, la démocratisation de ces usages se fera alors sur une plus grande échelle, entre tous les collaborateurs.

Selon les experts dans le domaine, la diffusion de « l’entreprise 2.0 » semble relativement rapide. Cette adoption s’explique notamment par l’avantage concurrentiel qu’apportent les nouvelles dimensions de la collaboration. L’adoption des technologies du Web 2.0 semble devenir un phénomène mondial et est susceptible d’être légèrement plus rapide par rapport aux autres technologies de l’information.

Mais qu’en est-il du Québec ?

À l’heure actuelle, il existe peu de données statistiques pour démontrer ou illustrer l’usage réel du Web 2.0 ou Web social1 dans les entreprises québécoises. Les études réalisées à ce jour portent principalement sur le grand public ou le marché canadien, américain et européen. Néanmoins un sondage récent sur l’adoption des technologies Web par les entreprises québécoises font ressortir quelques faits saillants en matière d’adoption du Web 2.0.

Réalisé en 2009, le sondage Internet Le Web social en entreprise : où en sommes-nous ?2 permet de prendre le pouls des entreprises québécoises en matière d’adoption du Web 2.0. À noter : puisque ce sondage n’a été effectué qu’auprès des entreprises ayant participé aux éditions précédentes de l’événement Webcom Montréal, son échantillon ne représente pas l’ensemble des entreprises québécoises.

Parmi les entreprises sondées dans cette enquête, 38 % ont un grand intérêt pour le Web 2.0 et une entreprise sur cinq (19 %) estime être avancée ou très avancée dans l’adoption du Web social. Néanmoins, près du tiers des entreprises répondantes sont en mode observation des tendances (31 %) bien qu’elles reconnaissent leur intérêt pour ce virage. Pour la majorité des entreprises répondantes (57 %), le Web social révolutionne les façons de faire traditionnelles en matière de communication et de marketing, sans toutefois les remplacer.

En matière d’investissement dans le Web 2.0, près du quart des entreprises sondées ont investi au cours de la dernière année entre 5000 $ et 50 000 $, incluant les sommes directes (par ex. : l’achat de technologies ou de services) et indirectes (par ex. : la masse salariale). Aussi, une entreprise sur six déclare (16 %) avoir investi plus de 50 000 $ au cours de la même période.

Quant aux principaux obstacles ou freins dans l’adoption ou l’utilisation du Web 2.0, les entreprises répondantes soulignent notamment le manque de ressources (30 %) et la culture organisationnelle (26 %). D’autres obstacles ont également été identifiés par les répondants dont l’indifférence de la haute direction (10 %), les difficultés technologiques (7 %) et le manque de personnel compétent (7 %).

Enfin, pour faire évoluer leur organisation vers l’adoption ou l’utilisation du Web 2.0, plus de 61 % des répondants soulignent l’importance d’avoir accès à des exemples de succès avant de s’engager plus à fond dans l’adoption ou l’utilisation du Web 2.0. Par ailleurs, selon les répondants, des éléments tels que la formation (32 %), les conférences et ateliers (32 %), le recours à davantage d’information pertinente sur le sujet (30 %) constituent des pistes à suivre pour faciliter l’adoption des nouveaux usages du Web social dans les organisations.

Actuellement, force est de constater que plusieurs organisations sont au stade de l’observation du Web 2.0 : les usages sont plutôt timides. Notamment, les résultats de l’enquête NetPME 2009 du CEFRIO rapportent que seulement 3,5 % des PME québécoises utilisent un blogue et 20 % des outils collaboratifs pour communiquer avec leurs clients et fournisseurs. Par ailleurs, près de 18 % des PME québécoises mettent à la disposition de leurs employés des outils collaboratifs pour communiquer entre collègues.

Des opportunités à saisir

Devenir une entreprise 2.0 soulève également à long terme différents enjeux au niveau commercial (répondre aux besoins de sa clientèle actuelle et future), au niveau culturel (les dynamiques collaboratives et les organisations en communautés), au niveau générationnel (l’entrée progressive de la génération Y sur le marché du travail), au niveau informatique (l’adaptation dans les politiques de gestion de l’information et du soutien informatique et de réseautage interne), etc.

Dans la mesure où ils modifient radicalement le mode d’organisation, de connexion et de communication entre les personnes, les modèles organisationnels basés sur les stratégies Web 2.0 s’avèrent généralement plus difficiles à copier et peuvent, par conséquent, fournir un avantage concurrentiel plus durable. En effet, au-delà d’une simple mode, le Web 2.0 et l’introduction de ses technologies en entreprise créent ainsi une réelle occasion pour les entreprises tant pour favoriser l’interaction avec les clients, pour faciliter la collaboration à différents niveaux ainsi que pour stimuler l’innovation, la réactivité et l’agilité.

En effet, ces impacts peuvent s’avérer majeurs dans la mesure où le Web participatif offre des occasions inédites pour revoir des modes de fonctionnement dans les organisations. Le Web 2.0 constitue ainsi un levier tout indiqué pour imaginer d’autres approches d’expérience-client, des approches prometteuses pour assurer la croissance et le développement des organisations. C’est dans ce contexte que le CEFRIO a initié un chantier d’innovation sur le Web 2.0 au Québec. Il entend réunir une douzaine d’organisations issues de secteurs variés pour mettre de l’avant des pratiques nouvelles en matière d’usages du Web 2.0.

Par sa mission, le CEFRIO suit de près les tendances et les phénomènes en émergence en matière de technologies de l’information. L’arrivée du Web 2.0 constitue une tendance lourde, que les organisations ont avantage à saisir dans les stratégies qu’elles mettent de l’avant auprès de leurs clientèles.

Dans le cadre d’un nouveau projet, le CEFRIO a réuni des organisations avant-gardistes qui partagent un intérêt commun : comprendre, utiliser et tirer profit des nouvelles approches du Web 2.0. Des expérimentations concrètes se tiendront dès 2010 dans la douzaine d’organisations participantes selon les défis qu’elles jugeront les plus importants pour elles. Pour appuyer cette démarche, le CEFRIO privilégiera la recherche-expérimentation afin de faire ressortir, entre autres, les déterminants de succès quant à l’utilisation des outils du Web 2.0 dans des contextes et des axes différents (perspective du service à la clientèle et perspective de la gestion des ressources humaines notamment). De plus, les dimensions telles que la gouvernance, la gestion du changement, l’éthique, la sécurité, l’identité numérique seront prises en compte.

Le projet est une occasion de bâtir des usages inédits en matière de Web 2.0 dans différents secteurs d’activités au bénéfice du développement et croissance des organisations privées et publiques.

1- Les deux termes « Web social » et « Web 2.0 » sont utilisés ici comme étant interchangeables.

2- Le sondage a été réalisé par SOM pour le compte de la conférence Webcom Montréal et rezopointzero.com a été mené du 28 septembre au 9 octobre 2009 auprès de 368 participants des éditions précédentes de l’évènement. Le taux de réponse de l’enquête se situe à 21,5 %, et la marge d’erreur pour l’échantillon total est ± 4,5 %.

Pour plus d’infos :
Sébastien Tanguay, directeur, développement des affaires au 418 523-3746, poste 238.

Résultats de janvier – NETendances 2010

27 janvier 2010 par CEFRIO

En janvier 2010, 72,5 % des adultes du Québec utilisent Internet de façon régulière, c’est-à-dire au moins une fois par semaine. Rappelons qu’en décembre dernier, le taux d’utilisation régulière d’Internet se chiffrait à 75,3 %.

Taux d’utilisation d’Internet au Québec
Base : adultes québécois (n = 1007)
nettendance_janv2010

Plus deux adultes québécois sur cinq effectuent des opérations bancaires courantes en ligne

  • 42,2 % ont effectué des opérations bancaires courantes en ligne (virements, transferts de fonds, paiements de factures, etc.) au cours du mois précédent le sondage ;
  • 46,2 % ont consulté leurs comptes bancaires en ligne (vérification de solde, consultation de relevés bancaires ou de factures, etc.) au cours du mois précédent le sondage ;
  • 6,7 % ont effectué des placements financiers (REER, placements à termes, achats ou vente d’actions ou d’obligations, etc.) au cours du mois précédent le sondage ; et
  • 2,4 % ont acheté une assurance en ligne (vie, automobile, maison, etc.) au cours du mois précédent le sondage.

La moitié des adultes du Québec consultent des avis et des recommandations sur Internet avant un achat !

Les résultats de NETendances nous apprennent également que 50,1 % des adultes québécois consultent des avis et des recommandations sur Internet sur un produit ou un service avant son achat. De ce nombre, les trois quarts (74,4 %) se disent influencés par ces avis et ces recommandations. Plus précisément, 11,4 % sont très influencés et 62,9 % sont assez ou quelque peu influencés.

Achats en ligne par carte de crédit : un vote de confiance à mi-chemin

Près de la moitié (48,6 %) des adultes québécois considèrent que les achats par carte de crédit sur Internet sont assez ou très sécuritaires.

Responsables du projet :

Najoua Kooli, directrice de projet, CEFRIO
Annick Desforges, chargée de projet, CEFRIO

Des achats en ligne de 3,4 milliards de dollars en 2009 !

27 janvier 2010 par CEFRIO

Le bilan annuel de l’Indice du commerce électronique au Québec révèle qu’en 2009, les achats réalisés sur le Web par les adultes québécois ont atteint 3,4 milliards de dollars, soit une augmentation de 200 millions par rapport à l’année 2008. Au cours d’un mois type, la proportion de cyberacheteurs a connu une croissance moyenne de 33 %, passant de 15 % en 2008 à 20 % en 2009. Entre les mois de janvier et de décembre, 1,2 million d’adultes québécois en moyenne ont fait des achats sur Internet. La valeur mensuelle moyenne du panier d’achat s’établissait à 270 dollars par cyberacheteur et a donc subi une légère baisse, puisqu’elle s’élevait à 290 dollars en 2008.

En somme, le nombre de cyberacheteurs québécois a augmenté, mais ces consommateurs ont réduit leurs dépenses, un phénomène probablement attribuable à la grave crise qui a marqué l’économie à l’échelle mondiale.

À propos de l’indice de décembre

En décembre, 1,3 million d’adultes québécois (21 %) ont dépensé en moyenne sur le Web 349 dollars chacun. Parmi les principaux biens et services que ces cyberacheteurs se sont procurés sur Internet, notons des billets de spectacles ou de divertissement culturel (24 %), des appareils électroniques (21 %), de la musique et des films (21 %), du matériel informatique (20 %), des livres, des revues et des journaux (20 %), des vêtements, des chaussures, des bijoux et des accessoires (19 %), ainsi que des jeux vidéo, des jeux et des jouets (18 %).

Responsables du projet :

Najoua Kooli, directrice de projet, CEFRIO
Annick Desforges, chargée de projet, CEFRIO

Séminaire sur la gestion et le transfert des connaissances

27 janvier 2010 par CEFRIO

Le CEFRIO, le Secrétariat du Conseil du trésor et l’ENAP s’associent pour proposer, le 17 février prochain, un séminaire sur la gestion et le transfert des connaissances dans l’administration publique.

Le séminaire vise plusieurs objectifs :

  • Sensibiliser les gestionnaires à l’importance de la gestion des connaissances stratégiques, non seulement dans le contexte des départs à la retraite, mais aussi dans celui de la mobilité du personnel ;
  • Présenter des exemples de solutions aux gestionnaires qui doivent composer au quotidien avec le départ ou le remplacement des ressources humaines ;
  • Outiller les équipes de travail qui doivent soutenir les gestionnaires dans la gestion et le transfert des connaissances ;
  • Réfléchir aux enjeux, défis et tendances émergentes dans le domaine.

Le séminaire sera également l’occasion de proposer une démarche structurée pour soutenir la gestion et le transfert des connaissances dans l’administration québécoise.

Cette activité s’adresse aux gestionnaires, professionnels, cadres et administrateurs qui s’intéressent à la gestion des connaissances et qui veulent approfondir et mettre à jour leurs connaissances dans ce domaine.

Pour consulter le programme détaillé et vous inscrire, rendez-vous à l’adresse suivante :
http://www.chairelacapitale.enap.ca/fr/form-inscription-seminaire.aspx?sortcode=1.43

Une région pourrait-elle parvenir à se définir par son empreinte numérique ?

25 janvier 2010 par Vincent Tanguay

Entre juin 2006 et juin 2009, le CEFRIO a mené dans la Baie-des-Chaleurs en Gaspésie un projet de développement territorial par les TI intitulé : D’Avignon et Bonaventure, des MRC innovantes. L’objectif visé : servir d’élément catalyseur pour développer sur le territoire une culture de l’innovation par l’appropriation des TI. Ce projet a permis notamment de soutenir différentes initiatives issues du milieu et d’animer ce dernier par des activités publiques visant à inciter les organisations à utiliser les TI comme moteur de leur développement. C’est dans cette perspective qu’a été organisé un Séminaire sur la créativité et l’innovation.

Tourné vers l’action, ce séminaire visait à susciter une mise en commun d’approches et de projets créatifs et innovateurs qui permettaient aux participants d’être encore mieux outillés pour agir sur le développement de leur propre territoire. Lors de cet événement, les technologies collaboratives de type Web 2.0 ont été largement utilisées pour démontrer les avantages, mais aussi les limites, de leur utilisation par les organisations.

En parlant d’innovation par rapport à une entité organisationnelle ou territoriale, on entend le capital créatif de ladite entité et des réseaux mis en place pour en arriver à un résultat. On parlera alors de réseaux de contacts à l’intérieur desquels les participants travaillent en interaction, en collaboration.

Les nouveaux outils associés au Web 2.0 deviennent de plus en plus le moyen par excellence pour soutenir le processus d’innovation.

Fort de cette expérience, le CLD de Bonaventure veut innover dans l’élaboration de son Plan d’action local pour l’Économie et l’Emploi 2010-2013 (PALÉE) et sa Vision 2010-2020. Ainsi, le directeur général du CLD et son président ont décidé de convaincre leur conseil d’administration afin de mettre en pratique ces nouveaux outils de collaboration et d’interactivité (http://cldbonaventure.org/).

Le Conseil d’administration du CLD y voit une façon originale de promouvoir une dynamique nouvelle sur son territoire en invitant la population et tous les amoureux de la Baie-des-Chaleurs à faire valoir leur opinion en participant à des ateliers sur le site internet qu’ils ont eux-mêmes structuré et monté (http://cldbonaventure.org/index.html). Ce sont 14 ateliers mis en ligne et animés par des acteurs locaux spécialistes des divers domaines. Les outils : des blogues et des petits sondages en ligne. Les wikis seront les outils expérimentés par les animateurs de la démarche et des ateliers.

La démarche visant à se faire un portrait de la situation durera deux mois. Par la suite, la consultation des citoyens empruntera un parcours similaire. Selon Étienne Bouchard, directeur général du CLD : « cette démarche ne nous amènera pas exactement où on pensait à l’origine, mais certainement dans des zones éminemment plus riches ».

N’est-ce pas une bonne manière d’implanter une culture d’innovation sur un territoire et d’inciter la population à la participation citoyenne ?