La gestion des connaissances: une pratique d’affaire accessible aux PME!
À l’instar des grandes entreprises, les PME du Québec sont également confrontées au manque de main-d’œuvre, au roulement de personnel, à la perte d’expertise et aux départs massifs à la retraite de leurs travailleurs expérimentés. Force est de constater que les pratiques d’affaires liées à la formalisation de la gestion des connaissances en contexte de PME sont peu nombreuses. Même si la problématique de la gestion des connaissances est bien présente dans les réflexions des dirigeants des PME, ces dernières ne disposent pas des mêmes ressources, moyens et méthodes pour adopter ce genre de pratique.
En 2008, le CEFRIO a amorcé une réflexion sur la gestion des connaissances et sur la faisabilité de tels processus dans le cadre d’un projet-pilote sur la gestion des savoirs stratégiques dans trois PME industrielles1 . Le projet visait notamment à aider certaines entreprises industrielles membres du réseau Valotech2 , un organisme à but non lucratif regroupant près de 60 PME innovantes en Montérégie, à identifier et développer leurs connaissances stratégiques. Il vaisait également à expérimenter la stratégie de co-modélisation de connaissances en contexte industriel à l’aide d’un outil informatisé (MOT Plus) développé par le Centre de recherche LICEF de la Télé-université.
Les apprentissanges et constats issus de l’expérience-pilote ont amené Valotech à proposer une offre de service visant à soutenir les entreprises dans leur réflexion et leur planification relative à la gestion des savoirs. Plus précisément, il s’agit d’implanter dans les PME une pratique plus formelle en gestion des connaissances : Transfert des connaissances critiques et stratégiques (TCCS). Cette démarche de valorisation du capital intellectuel de l’entreprise – prenant la forme d’activités de sensibilisation, de diagnostic et de suivi auprès des PME – vise notamment à préserver l’expertise, à améliorer le fonctionnement de l’entreprise, à enrichir la formation des employés et à améliorer la gestion de la documentation.
«Les PME font face à des défis importants. Un changement dans leurs façons de faire est rendu nécessaire et ce changement passe par une pratique d’affaire qui valorise l’entreprise et le transfert de connaissances critiques et stratégiques. Je suis convaincu que le projet d’accompagnement en gestion de connaissances mis de l’avant fournira à l’entreprise les outils nécessaires pour mieux gérer et transférer les savoir-faire qui lui assurent toute son unicité dans le marché», souligne Michel Gariépy, vice-président exécutif de Valotech.
Compte tenu de la nouveauté de l’adoption formalisée de cette pratique en PME mais surtout du potentiel démontré de ses apports en compétitivité, Emploi-Québec et le MDEIE ont décidé, en passant par Valotech, d’aider financièrement certaines entreprises « précurseurs » à expérimenter une telle démarche. Cette aide gouvernementale, qui représente jusqu’à 60 % du coût total du projet, permettra à six entreprises partenaires du créneau Accord Transformation des métaux de bénéficier d’un projet d’accompagnement et de suivis en gestion des connaissances.
Le réseau Valotech a pour mission de contribuer à la croissance économique des entreprises en créant des alliances et un forum proactif d’échanges entre individus, entreprises, institutions et organismes engagés dans la recherche, le développement ou l’innovation technologique.
La démarche s’appuie notamment sur la stratégie de co-modélisation de connaissances regroupant de petits groupes de 3 à 5 employés experts, spécialistes et moins experts et vise à co-élaborer une représentation cartographique d’un domaine d’expertise ciblé à l’aide d’un outil informatisé (logiciel MOT Plus). Le processus proposé transpose sous formes de modèles graphiques informatisés les connaissances explicites et surtout tacites de l’entreprise qui ne sont pas documentées. Il permet, à partir de modèles élaborés, de valider, enrichir, transmettre et pérenniser ces connaissances. À noter que d’autres outils peuvent être utilisés, en support à la modélisation de connaissances, tels qu’Acrobat ou MindManger.
D’après M. Gariépy, il y a un grand intérêt pour ce genre de service, les PME québécoises sont sensibilisées à la valeur des activités en gestion des connaissances. Toutefois, la conjoncture économique actuelle freine l’initiative : le niveau de préoccupation des dirigeants de PME sur la situation financière de leur entreprise impose d’autres priorités. Au-delà de l’investissement financier, la mise en place de cette nouvelle pratique d’affaire implique surtout du temps et des ressources. Bien que ces démarches n’aient pas encore abouti, les bénéfices pour les entreprises sont tout à fait réels tant pour assurer leur croissance et compétitivité que pour relever les défis de main-d’œuvre actuels.
Le lecteur intéressé peut consulter les rapports d’expérimentation :
Gérer les connaissances stratégiques dans des entreprises manufacturières de la Montérégie - Rapport sommaire
Gérer les connaissances stratégiques dans des entreprises manufacturières de la Montérégie - Rapport complet


27 novembre 2009 à 14:46
Bonjour, j’aimerais si possible vous rencontrer afin de discuter d’un partenariat potentiel entre nos deux organisations dans le domaine de la gestion des connaissances. Merci à l’avance, Robert Innes, Président, GCI inc.
27 novembre 2009 à 16:56
Bonjour,
Je travaille comme conseillère en transfert des connaissances depuis 1998 et je tiens à vous remercier pour cet enrichissant partage de connaissances. J’ai lu votre rapport avec grand intérêt et je suis curieuse d’en apprendre davantage. Je suis heureuse de lire que le partage des connaissances deviendra un défi pour les entreprises. Pour ma part, j’y crois depuis longtemps puisque c’est mon métier et qu’il me passionne. Les entreprises pourront-elles contrer les éléments qui les ralentissent dans la réalisation de leurs projets de partage des connaissances? Je crois qu’elles seront éventuellement confrontées à réaliser leurs projets malgré ces contraintes. Quant à moi, le partage des connaissances doit faire partie de la culture de l’entreprise, sinon, le dynamisme de la connaissance deviendra statique et n’évoluera pas… Cette information n’est pas basée sur des faits scientifiques mais sur mon expérience, mes observations et mon intuition.
J’aimerais bien aussi vous rencontrer pour vous présenter mon offre de service, peut-être avez-vous des clients qui cherchent du support?
Encore une fois merci pour cette élevante lecture et bravo à l’équipe!
Louise Sauvageau, conseillère en transfert des connaissances, Infra Com T inc.
27 novembre 2009 à 17:12
Bonjour,
J’ai omis de spécifier, dans le message antérieur, que vous pourrez accéder à mon site Web au http://www.infracom.com.
1 décembre 2009 à 19:36
Bonjour,
Je suis l’une des chercheuses de l’équipe de recherche du LICEF qui a menée cette recherche et auteure du rapport de recherche. Il me fera plaisir de vous présenter plus longuement nos projets, déjà réalisés et en cours de réalisation dans le domaine de gestion des connaissances, de même que de discuter avec vous des possibilités de partenariat. Vous pouvez me contacter à l’adresse suivante : beatrice.pudelko@licef.ca
Au plaisir
Béatrice Pudelko, PhD