Transfert des connaissances : « efarming » ou agriculteurs en ligne, une expérience australienne exemplaire

Le déploiement  de la  large bande dans les communautés rurales est inscrit dans les plans de politiques numériques des gouvernements en Occident  pour soutenir la croissance économique,  résoudre certains  problèmes associés à l’éloignement  géographique et stopper la fracture  numérique. Mais, ce déploiement n’est qu’une étape. En effet, l’atteinte des objectifs associés à la disponibilité de la  haute vitesse est conditionnelle  à l’adoption puis à l’utilisation efficace et efficiente de cette ressource par les collectivités. C’est donc de dire qu’il peut être nécessaire de fournir des formes d’utilisation pertinentes en présentant  au public  des modèles de contenus  qui vont au-delà de l’envoi et de la réception de  courriels, par exemple. En ce sens, Farming 2.0 ou efarming, est une expérience australienne  qui pourrait servir d’exemple et mener à des initiatives de partage et de transfert de connaissances.

Cette initiative, qui décrit la construction d’une communauté virtuelle d’agriculteurs, a été menée par John Warr, un responsable de l’efficacité de l’agriculture « afin de fournir une riche source d’actualités et d’informations personnalisables pour les agriculteurs de toute l’Australie». Warr  déclare à ce sujet : « Il ya beaucoup d’informations là-bas pour les agriculteurs et d’avoir tout en un seul endroit est unique et n’a jamais été bien fait auparavant». L’objectif de Warr et de ses collaborateurs, qui ont passé 6 mois à élaborer ce site web, est de concevoir une page d’accueil pour tous les agriculteurs de l’Australie. Ainsi, le site, conçu spécialement pour eux, améliore les informations fournies sur le marché et aide ceux-ci à prendre de meilleures décisions. Ces informations portent sur les services météorologiques, les nouveaux produits agricoles, les rapports des marchés boursiers, les petites annonces agricoles, les bulletins de nouvelles ainsi que sur les flux de données provenant des ministères et autres organismes, etc.


Un blog intitulé “Au cours de la clôture”, est intégré au site. Celui-ci permet aux usagers de partager leurs informations sur leur saison en cours, de planifier leur exploitation en utilisant Google Maps et en ajoutant des informations telles que le nom de la ferme, la taille, la pluviométrie annuelle, etc.  De ce fait, avec ces informations, les agriculteurs peuvent garder une trace de ce qui se passe autour d’eux, dans les environs de leurs propriétés et être au courant des opportunités d’affaires.

Le site et sa communauté fournissent aussi une collaboration précieuse à l’industrie technologique en regard de  l’amélioration des pratiques. Hugh Beattie, directeur du développement des affaires chez Farming Software Company Practical Systems, declare à ce sujet : «Les agriculteurs fournissent un très grand apport dans le développement de logiciels. Par exemple, nous avons des programmeurs qui travaillent autour de l’horloge de sorte que chaque trimestre, nous pouvons déployer un nouveau programme avec les dernières innovations. »

Le recours à la technologie pour renforcer les meilleures pratiques et pour améliorer la productivité connaît un surcroît d’adhésion chez les agriculteurs avec ce site. A ce sujet, Umbers Alan, directeur de projet en céréaliculture affirme que le projet EMS qu’il pilote, a ainsi  aidé à une meilleure gestion de l’eau, des éléments nutritifs et des émissions de gaz à effet de serre. «Dans la communauté agricole, si quelque chose est tout bon, il ne passe pas  longtemps pour se passer le mot», ajoute Warr, qui croit que le bouche à oreille est un outil puissant pour l’adoption de technologies entre les agriculteurs. Ce point de vue est repris par Neal Finch, créateur d’un système de reconnaissance des animaux. Selon, lui, les agriculteurs sont de plus en plus conscients de l’utilité de la technologie et démontrent de l’intérêt d’en tirer profit.

Source:
Farming 2.0, Building online communities for the rural sector, consulté le 23 mai 2009

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