Archives pour mars 2009

L’utilisation d’Internet : Une question de génération ?

26 mars 2009 par CEFRIO

La diversité d’information et d’activités disponibles sur le Web fait en sorte que chaque génération d’utilisateurs y trouve son compte. À cet effet, Pew Internet & American Life Project publiait récemment une enquête intitulée “Generations Online in 2009“ qui retrace les divers usages du Web par les internautes américains en fonction de leur génération.

Le tableau ci-dessous présente les détails des générations étudiées :

 

Les générations détaillées*

Nom de la génération

Année de naissance, âge en 2009

% de la population adulte

% de la population utilisatrice d’Internet

Génération Y

Né 1977-1990, âges 18-32

26 %

30 %

Génération X

Né 1965-1976, âges 33-44

20 %

23 %

Jeunes « Boomers »

Né 1955-1964, âges 45-54

20 %

22 %

« Boomers » âgés

Né 1946-1954, âges 55-63

13 %

13 %

Génération silencieuse

Né 1937-1945, âges 64-72

9 %

7 %

Génération G.I.

Né -1936, âge 73 ans et plus

9 %

4 %

* Source : Jones, Sydney et Fox, Susannah (2009). « Generations Online in 2009 », http://www.pewinternet.org/pdfs/PIP_Generations_2009.pdf.

 

Nous constatons que les Générations X et Y dominent en matière de présence sur le Web puisqu’elles représentent plus de la moitié (53 %) des utilisateurs. Par contre, c’est auprès des générations aînées que les plus grandes augmentations d’utilisation se font sentir. Une comparaison des sondages 2006 et 2008 effectuées par la Pew Research Centre illustre que les utilisateurs d’Internet âgés entre 70 et 75 ans sont passés de 26 % en 2006 à 45 % en 2008. Chez les plus jeunes, les variations sont beaucoup moins importantes.

Les usages du Web selon la génération d’appartenance

Les adolescents et les jeunes de la Génération Y sont significativement plus attirés que les autres groupes par les communications virtuelles et les différentes formes de divertissement en ligne. Ces derniers communiquent largement avec leur famille et amis par courriel (adolescents, 73 %; Génération Y, 94 %), par messagerie instantanée (adolescents, 68 %; Génération Y, 59 %) ou via les blogues, quoique les aînés (64 ans et plus) gagnent du terrain en matière d’utilisation du courriel (79 % à 91 % selon la génération). Les jeunes générations sont également statistiquement plus enclines que les autres à s’engager dans des activités de divertissement en ligne que ce soit en visionnant des vidéos en ligne (adolescents, 57 %; Génération Y, 72 %), en jouant à des jeux (adolescents, 78 %; Génération Y, 50 %) ou encore en téléchargeant de la musique (adolescents, 59 %; Génération Y, 58 %). L’attrait pour les outils collaboratifs du Web 2.0 prévaut également auprès des jeunes de la Génération Y : ils lisent, commentent et écrivent sur les blogues (respectivement 43 % et 20 %) tout en créant des profils et participant activement aux réseaux sociaux (60 %).

La Génération X, pour sa part, continue de dominer en matière de commerce électronique. Une imposante majorité (80 %) d’internautes américains âgés entre 33 et 44 ans achète en ligne, comparativement aux internautes âgés entre 18 à 32 ans (71 %). Le « e-banking » est statistiquement plus élevé auprès de la Génération X, faisant en sorte que ces derniers dominent le monde des opérations bancaires en ligne (65 %).

Comparativement aux générations plus jeunes, la recherche d’information et les activités transactionnelles en ligne sont plus amplement privilégiées par les générations plus âgées. De fait, la recherche d’informations relatives à la santé est la troisième activité la plus populaire auprès des Générations X et silencieuse et les Boomers, tout juste derrière le courriel et l’utilisation de moteur de recherches. Les générations plus âgées sont également plus enclines que les autres à rechercher du contenu religieux en ligne et à visiter les sites gouvernementaux.

Grâce à cette enquête américaine, il est maintenant possible de détailler un portrait concret de l’activité en ligne par les utilisateurs du Web selon leur génération. Ainsi, nous trouvons une réponse à la question posée initialement, à savoir si l’utilisation d’Internet varie selon la génération à laquelle appartient l’internaute.

La question est maintenant de se demander si vous vous reconnaissez dans ces portraits…

La gestion des connaissances en mutation?

26 mars 2009 par Youni Shabah

Vers le KM 2.0 : Quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs ? C’est à cette question que tentent de répondre plusieurs chercheurs et praticiens dans un ouvrage collectif coordonné par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala. Sujet de l’heure, la transformation des concepts liés à gestion des connaissances se fait sentir tant dans la recherche universitaire qu’au sein des organisations. Le livre dresse ainsi un portrait des nouvelles tendances dans le domaine de la gestion des connaissances et son évolution dans la mouvance des technologies Web 2.0 et des transformations organisationnelles de l’entreprise d’aujourd’hui et de demain. La transposition des concepts du Web 2.0 et son modèle d’intelligence participative aux concepts de gestion des connaissances offrent de nouvelles perspectives en matière de partage et de collaboration, de décloisonnement, d’agilité et d’innovation organisationnelle.

Quelles sont les nouvelles préoccupations que vivent les organisations qui s’engagent dans la nouvelle génération de gestion des connaissances ? Une de ces préoccupations est celle du travail collaboratif, concept revisité avec l’ère du Web 2.0. En effet, nous constatons que l’évolution du partage des connaissances en entreprise à l’heure du Web 2.0 et de l’intelligence collective amène de nouveaux défis pour les organisations tels que le passage d’un environnement de collaboration privé et contrôlé à un environnement public et dynamique avec l’introduction de nouvelles sources et méthodes de collaboration et de partage de connaissances (ex. plateformes de collaboration intra et inter organisationnelles,  blogues, wikis, réseaux sociaux, podcasts, etc.).

Par ailleurs, ce ne sont pas que les nouveaux outils de gestion des connaissances qui évoluent mais également les stratégies. Cette nouvelle approche de gestion des connaissances suppose notamment une structure organisationnelle aplanie et participative, un fonctionnement collaboratif supporté par des technologies dictées par les utilisateurs et surtout, un changement de culture accompagné de nouvelles pratiques de gestion qui devront être adaptées avec l’arrivée en entreprise des nouvelles générations.

Source :
Vers le KM 2.0 : Quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs ; ouvrage collectif coordonné par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala. - Paris : Vuibert, 2008, 269 p.

Cégep en réseau : fin du projet en juin 2009

25 mars 2009 par Philippe Aubé

Le projet Cégeps en réseau se terminera en juin 2009. Le rapport de la phase 1 a été publié en septembre 2008 et le rapport final est attendu pour l’automne 2009. Un guide d’élaboration de partenariat entre établissements d’enseignement collégial devrait être disponible en juin 2009.

La problématique des petites cohortes, notamment en région, étant toujours un enjeu au niveau collégial, l’équipe du CEFRIO espère pouvoir débuter, dès l’automne 2009, un nouveau projet qui saura répondre aux besoins des collèges. 

Le Maine évalue le niveau de branchement de sa population à Internet haute vitesse

25 mars 2009 par Réjean Roy

Le Maine entend recourir à l’aide débloquée par le gouvernement fédéral dans le cadre de son récent programme de stimulation de l’économie pour faire une étude détaillée du niveau d’accessibilité de ses citoyens, organismes et entreprises à Internet haute vitesse. La ConnectME Authority, un acteur public créé en 2006 par le gouvernement du Maine, considère que la réalisation de cet inventaire est nécessaire à l’extension du réseau Internet haute vitesse dans cet État rural voisin du Québec. La ConnectME Authority est actuellement à la recherche de fournisseurs capables de réaliser ce travail. 

 Voir www.seacoastonline.com/articles/20090318-NEWS-90318032.

Quand les TI viennent en appui au développement rural

24 mars 2009 par CEFRIO

Le développement et la survie des collectivités rurales sont des sujets de préoccupation depuis quelques décennies, car les situations auxquelles celles-ci doivent faire face sont multiples et exigent des approches novatrices dans la recherche de solutions adaptées à leur condition. Les problèmes liés à la démographie (vieillissement et migration des jeunes), au maintien et à l’adaptation des services de proximité, à la sauvegarde du tissu social et du cadre de vie, à la consolidation et à la création d’emplois, et à l’adaptation de l’économie représentent des défis majeurs.

Les régions explorent de nouvelles avenues afin de susciter le développement et l’occupation dynamique du territoire. Dans ce contexte, un des leviers importants, qui fait progressivement son apparition dans les communautés rurales, est l’accès au réseau large bande et les possibilités de développement qu’offrent les technologies de l’information (TI). Ce canal de communication peut s’avérer puissant dans la mesure où les milieux sauront les utiliser à profit. Comme l’évoquait Nicola Crosta, de l’OCDE, dans son intervention au colloque Villes, régions et territoires innovants, organisé par le CEFRIO, « finies les stratégies de développement défensives : Internet permet aux villes et aux régions de passer à l’attaque ».

Comment soutenir la transformation d’une région en territoire innovant ?
Le colloque Villes, régions et territoires innovants, offrait un atelier portant particulièrement sur les modèles de transformation des milieux en région innovant à l’aide des TI. Une expérience québécoise et une initiative française ont été présentées.

D’abord, au Québec, la région de la Baie-des-Chaleurs, qui regroupe les municipalités régionales de comté (MRC) d’Avignon et de Bonaventure, a entrepris, en mars 2006, une démarche d’innovation ayant essentiellement pour objet l’accompagnement d’un milieu rural québécois en vue de son développement social, communautaire et économique par l’utilisation inventive et pratique des technologies modernes de l’information et de la communication. Cette démarche, entreprise à l’initiative du CEFRIO, est coordonnée localement avec les acteurs du milieu, comme les centres locaux de développement, la Société d’aide au développement des collectivités et le Réseau collectif de fibre optique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

De cette démarche découlent plusieurs projets de développement par les TI qui touchent différents secteurs socioéconomiques (municipal, jeunesse, bioalimentaire, entrepreneuriat, tourisme, etc.). Les intervenants veulent bâtir un modèle d’innovation propre à ces MRC qui pourrait, éventuellement, favoriser la transmission du savoir-faire à d’autres municipalités.

En France, la région du Parc naturel régional du Haut-Jura a développé une expertise particulière dans la mise en valeur du territoire au moyen de circuits géopositionnés qui portent sur différents thèmes. Ce projet intitulé « Du virtuel au naturel » a été coordonné par la firme Ocalia, experte de l’utilisation des TI dans un contexte de ruralité.

Des expériences d’accompagnement menées sur une dizaine de territoires français, ressort un constat majeur : dans les collectivités qui travaillent à un environnement favorable à l’innovation, ce ne sont plus les organismes municipaux ou régionaux qui portent les projets. Ils jouent plutôt un rôle de facilitateur pour les acteurs locaux. Afin de soutenir cette approche, les différentes instances du Parc naturel régional ont équipé leurs différents bâtiments de salles de visioconférence. Ces salles sont à la disposition des intervenants du territoire pour faciliter la communication et la concertation. C’est d’ailleurs cette approche que le CEFRIO a choisie dans la démarche des MRC afin de faciliter la réalisation de projets innovateurs impliquant les TI, mais portés par des acteurs du milieu, par exemple une maison de jeunes, un regroupement de municipalités, etc.

Le système municipal au Québec se fonde sur le schéma d’aménagement qui encadre la façon d’occuper le territoire dans les MRC. À la lumière de leurs expériences, les dirigeants d’Ocalia proposent maintenant un schéma local de développement numérique aux régions de France afin de leur permettre de planifier globalement le déploiement de l’accès et de l’utilisation des TI à l’échelle d’un territoire (voir p. 8 de la présentation).

Développement régional par les TI : freins et perspectives d’avenir
Ces expériences sont prometteuses, mais elles font également ressortir certaines contraintes importantes sur les territoires ruraux. Premièrement, ce qu’il est convenu d’appeler la « fracture numérique » est un frein majeur au développement, car l’accès est très inégalement réparti sur le territoire québécois. Toutefois, les écarts constatés tendent à diminuer. Ensuite, au delà de l’accès, un des éléments centraux évoqués est la nécessité d’un leadership politique qui soutienne les projets et suscite un effet d’entraînement. À titre d’exemple, la mairesse de Bromont, madame Pauline Quinlan, par sa conviction qu’il fallait brancher sa ville, a contribué grandement à faire de celle-ci un modèle probant du concept de ville Internet au Québec.

C’est également à l’occasion du colloque international Villes, régions et territoires innovants, que des représentants du Parc naturel régional du Haut-Jura en France et de la Baie-des-Chaleurs au Québec ont signé une entente de partenariat afin de créer un réseau international de communautés qui misent sur les TI pour appuyer des stratégies de développement touristique durable. Les représentants de différentes régions ont manifesté, par la même occasion, leur volonté de créer un réseau de collaboration des territoires innovants du Québec, en vue de mettre en commun l’expertise qui se développe chaque jour aux quatre coins de la province. La collaboration semble aussi être le mot d’ordre pour ceux qui souhaitent innover et ces partenariats en émergence s’inscrivent tout à fait dans cet ordre d’idées. Comme l’a mentionné madame Claire Bolduc, nouvellement nommée présidente de Solidarité rurale : « Il n’y a pas de territoires sans avenir, seulement des territoires sans projet. »

Sources :
Audet, Antoine (2008). « Des expériences d’usages des TI en appui au développement territorial », Atelier 5, Colloque international Villes, régions et territoires innovants, CEFRIO, Québec, 2008, 31 p.

Burdeyron, Franck (2008). « Territoires innovants, territoires numériques : opportunités, freins, méthodes, facteurs clés de succès », Atelier 5, Colloque international Villes, régions et territoires innovants, CEFRIO, Québec, 2008, 9 p.

Tiré de : Québec (Province). Ministère des Services gouvernementaux, et CEFRIO (2008). Bulletin d’information e-Veille, avril 2008.

Nous vous suggérons de lire les autres articles de ce numéro spécial portant sur le colloque international du CEFRIO intitulé Villes, régions et territoires innovants (avril 2008 : Québec, Québec)