Archive pour mars 2009

Les musées et Internet, une association heureuse

27 mars 2009 par Isabelle Poulin

Les musées et Internet, une association heureuse

Dévoilés à Miami le 6 mars 2008 dans le cadre du 9e WebWise Conference on Libraries and Museums in the Digital World, les résultats de l’InterConnections : A National Study of Users and Potential Users of Online Information sont très positifs quant à l’impact d’Internet dans le milieu muséal. On y apprend comment les gens recherchent de l’information à l’ère d’Internet et quels sont les impacts de ces comportements sur les interactions du public avec les bibliothèques et les musées.

Voici les principales conclusions à retenir de cette étude portant sur les comportements des adultes américains en 2006 :

  • - Les musées et les bibliothèques représentent les sources d’information en ligne les plus fiables selon les adultes de tous les âges, niveaux de scolarité, races et ethnies confondues. À ce propos, les informations diffusées en ligne par les musées obtiennent un résultat de 4,33 sur 5, la note 5 correspondant à une source extrêmement fiable.
  • - Il existe une corrélation positive entre l’utilisation d’Internet et les visites physiques dans les musées et les bibliothèques. À titre d’exemple, parmi les visiteurs des musées, 73,3% sont des utilisateurs d’Internet.
  • - L’utilisation d’Internet ne remplacera pas les visites en personne dans les musées et les bibliothèques. Au contraire, Internet représente plutôt une importante source d’informations complémentaires pour les visiteurs. De fait, 45% des visiteurs de musées font des visites en personne et à distance par le biais d’Internet.

Bref, cette étude permet de mieux comprendre à quel niveau l’utilisation d’Internet fidélise et informe les visiteurs quant aux activités offertes dans les musées.

Sources :

Institute of Museum and Library Services (2008). « IMLS announces results of study on the Internet’s impact on museums and libraries », 6 mars. http://www.imls.gov/news/2008/030608.shtm

Institute of Museum and Library Services (2008). InterConnections : the IMLS national study on the use of libraries, museums and the Internet : museums report, 81 p. http://interconnectionsreport.org/

Le Chantier branché, un projet innovateur!

27 mars 2009 par Sébastien Tanguay

Le CEFRIO s’associe à Chantier branché pour conduire des projets-pilotes qui permettront de mettre au point les nouveaux processus de communication et de partage d’informations sur un chantier de construction. Ces projets-pilotes seront l’occasion d’outiller quelques chantiers, d’accompagner les intervenants dans l’utilisation des technologies, de documenter, au fur et à mesure des difficultés, les facteurs de succès et les processus modifiés par l’usage de la plateforme du Chantier branché.  Des actions de valorisation et de diffusion dans le milieu de la construction seront par la suite réalisées au bénéfice de toute l’industrie. Chantier branché a été lancé officiellement le 25 mars dernier au Salon international du bâtiment.

Les aînés et les TI

27 mars 2009 par Najoua Kooli

Selon l’étude NETendances, près des trois quarts des adultes québécois auraient utilisé Internet sur une base régulière en 2007. L’édition 2007 de l’étude NETendances révèle que la majeure partie de la croissance d’aujourd’hui est conduite par les plus de 55 ans. Les aînés sont de plus en plus présents sur Internet puisqu’il s’agit du groupe de la population auprès duquel nous avons observé la plus importante croissance en matière d’utilisation d’Internet ces deux dernières années, ce groupe d’âge représentant celui où il y a le moins d’internautes. Cette croissance est d’autant plus importante qu’il s’agit d’une génération éduquée, encore active, avec un pouvoir d’achat élevé et qui représente une proportion grandissante de la population. L’intégration dans la société active et numérique des aînés devient dès lors primordiale.

Dans un tel contexte, il apparaît primordial de se pencher davantage sur l’usage que les aînés font des TI. Le projet Génération A, initié par le CEFRIO, vise à comprendre la relation qu’entretiennent les aînés québécois à l’égard des TI. Ce projet propose d’aborder la question des TI selon les préoccupations des aînés afin de définir quel type de société branchée correspond à leurs réalités, attentes et besoins.

Enquête NetGouv - Une nouvelle phase en 2009

27 mars 2009 par Najoua Kooli

C’est fort d’un savoir-faire construit au fil des ans, que le CEFRIO entend entamer en 2009 une phase qualitative de l’enquête NetGouv 2007, dont l’objectif viserait à identifier et à comprendre les facteurs favorisant l’inclusion numérique afin de faciliter l’accès et d’accroître l’utilisation des services publics en ligne. L’enquête NetGouv 2007 avait été réalisée en partenariat avec le ministère des Services Gouvernementaux (MSG) et la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Regard sur la formation de base dans les entreprises manufacturières sur l’Île de Montréal

26 mars 2009 par Éliane Limbert

Plusieurs constats ont été faits au Québec relativement au problème de la formation dans les PME industrielles et plus précisément sur les compétences de base qui s’avèrent de plus en plus requises dans l’exercice quotidien du travail de production. Les instruments de travail font de plus en plus appel à des commandes numériques et l’écrit ainsi qu’une compréhension de base en mathématiques sont désormais requis. 

Par ailleurs, à Montréal, le bassin de main-d’œuvre provient de toutes les communautés culturelles et linguistiques, ce qui soulève ainsi la question de l’alphabétisation et/ou des capacités à travailler en français ou en anglais.

Un projet pour le travailleur et pour l’entreprise

C’est dans ce contexte que la Conférence régionale des élus de Montréal a sollicité le CEFRIO pour examiner de nouvelles avenues pouvant favoriser la formation de base en entreprise.  L’approche retenue met à contribution l’ordinateur comme instrument d’apprentissage et d’alphabétisation en matière de formation de base.  Il s’agit ainsi d’intégrer dans le matériel des formateurs en entreprise des stratégies nouvelles où le travailleur doit utiliser un ordinateur.  Il ne s’agit pas d’auto-formation en ligne (e-learning), mais d’une approche de groupe en entreprise, où chacun dispose d’un ordinateur.

Le CEFRIO fait l’hypothèse qu’une telle approche pourrait assurer à l’entreprise des avantages non négligeables sur le plan des compétences des travailleurs (dont une maîtrise plus grande de l’ordinateur), tout en faisant l’expérience d’une plus grande flexibilité dans l’organisation de la formation.  Comme ce fut le cas dans d’autres milieux de travail,  une telle démarche de développement de compétences de base conduit aussi à une hausse de la productivité des travailleurs, de meilleures pratiques de santé et sécurité au travail, une fidélisation accrue des travailleurs, une intégration plus réussie des immigrants, et une plus grande réceptivité des travailleurs face aux changements dans l’entreprise.

Le projet d’une durée de 15 à 18 mois vise à expérimenter avec des prestataires de formation en entreprise (commissions scolaires, organisme spécialisé en formation de base) et leur équipe d’enseignants  une telle approche intégrant l’ordinateur. 

Un partenariat auprès de la CPMT

De plus, la CRÉ et le CEFRIO sont appuyés par des partenaires issus du monde patronal et du monde syndical afin d’être porteurs de ce projet auprès de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), soit Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec et la FTQ.

Accompagnement évaluatif du projet par des chercheurs de l’UQAM

Le but de cette recherche-action, sous la direction de Paul Bélanger, chercheur à l’UQAM,  est de préciser, dans une perspective d’évaluation formative, les conditions de réalisation et de réussite de l’intégration des TIC dans la formation de base en milieu de travail, tout en retraçant les principales significations de cette innovation pour les différents acteurs concernés (entreprises, organismes, formateurs, participants). Afin de tenir compte de la réalité du terrain et de favoriser le réajustement des interventions au fur et à mesure de leur déroulement, trois séries de rencontres sont prévues. 
Ces rencontres ont principalement pour objectif de retracer:

- Le contexte d’intégration des TIC dans l’entreprise ainsi que les conditions spécifiques de mise en oeuvre de la formation,
- les attentes quant à son impact sur le fonctionnement de l’entreprise,
- les différents facteurs permettant de rendre compte de la réussite de la formation.

Déroulement du projet jusqu’à ce jour

Une première phase de formation auprès de sept (7) formateurs impliqués dans le projet s’est déroulée en 2008. Celle-ci comprenait des échanges entre formateurs au sujet de leurs façons de faire et de leurs différentes approches pédagogiques. À partir de leur expérience et leur expertise, l’accompagnement du CEFRIO consistait à leur faire découvrir de nouvelles possibilités ou d’enrichir leurs activités pédagogiques actuelles avec la technologie. Le financement de ce projet a permis d’octroyer aux formateurs et aux participants de l’équipement informatique leur facilitant à la fois la transformation et la diffusion de leurs activités au sein de leur groupe.  La compétence de base enseignée porte sur le français langue seconde, de tous niveaux (débutant, intermédiaire et avancé).

Dès l’automne 2008, quelques formateurs ont commencé à expérimenter de nouvelles activités  ou  nouvelles approches dans leur groupe respectif en entreprise.

Voici quelques exemples d’activités réalisées avec l’ordinateur :
- enregistrement audio et vidéo d’une activité d’expression orale en utilisant la webcam (se présenter) et ré-écoute avec autoévaluation;
- rédaction de différentes parties d’une lettre intégrant des éléments grammaticaux précis;
- association de mots et d’illustrations;
- écoute de la prononciation des lettres et des mots, enregistrement et rétroaction;
- visionnement des clips vidéo sur un thème propre à l’objectif de formation à couvrir (lorsqu’Internet est accessible).

Les groupes d’employés sont formés majoritairement de personnes issues de l’immigration. Le nombre des participants peut varier de 3 à 12 selon les niveaux et les entreprises. À ce stade du projet, les entreprises impliquées oeuvrent toutes dans le secteur du vêtement et du textile.

Les premiers constats recueillis auprès des formateurs et de leurs participants sont très encourageants et dénotent un réel engouement pour l’utilisation de la technologie, d’autant plus que la majorité des personnes n’ont jamais accès à un ordinateur au sein même de leur famille. Au-delà du simple apprentissage du français, l’ordinateur et l’Internet ouvrent une infinie de possibilités de découvertes vers le monde extérieur et leur permettent de renouer des liens avec leurs proches.

Les formateurs, de manière unanime, nous ont confié qu’ils voyaient déjà émerger plusieurs bénéfices pour leurs participants. Ils sont d’ordre linguistique, culturel autant qu’économique surtout dans un secteur où la précarité d’emploi est très ressentie. Quant à eux, la technologie leur apporte une diversité d’activités à proposer et facilite l’atteinte de certains objectifs tant en compréhension orale qu’écrite.

L’accompagnement évaluatif par les chercheurs continuera jusqu’à l’été. Au cours de l’automne, des résultats préliminaires viendront, sans aucun doute, appuyer les constats actuels.

L’utilisation d’Internet : Une question de génération ?

26 mars 2009 par Annick Desforges

La diversité d’information et d’activités disponibles sur le Web fait en sorte que chaque génération d’utilisateurs y trouve son compte. À cet effet, Pew Internet & American Life Project publiait récemment une enquête intitulée “Generations Online in 2009“ qui retrace les divers usages du Web par les internautes américains en fonction de leur génération.

Le tableau ci-dessous présente les détails des générations étudiées :

 

Les générations détaillées*

Nom de la génération

Année de naissance, âge en 2009

% de la population adulte

% de la population utilisatrice d’Internet

Génération Y

Né 1977-1990, âges 18-32

26 %

30 %

Génération X

Né 1965-1976, âges 33-44

20 %

23 %

Jeunes « Boomers »

Né 1955-1964, âges 45-54

20 %

22 %

« Boomers » âgés

Né 1946-1954, âges 55-63

13 %

13 %

Génération silencieuse

Né 1937-1945, âges 64-72

9 %

7 %

Génération G.I.

Né -1936, âge 73 ans et plus

9 %

4 %

* Source : Jones, Sydney et Fox, Susannah (2009). « Generations Online in 2009 », http://www.pewinternet.org/pdfs/PIP_Generations_2009.pdf.

 

Nous constatons que les Générations X et Y dominent en matière de présence sur le Web puisqu’elles représentent plus de la moitié (53 %) des utilisateurs. Par contre, c’est auprès des générations aînées que les plus grandes augmentations d’utilisation se font sentir. Une comparaison des sondages 2006 et 2008 effectuées par la Pew Research Centre illustre que les utilisateurs d’Internet âgés entre 70 et 75 ans sont passés de 26 % en 2006 à 45 % en 2008. Chez les plus jeunes, les variations sont beaucoup moins importantes.

Les usages du Web selon la génération d’appartenance

Les adolescents et les jeunes de la Génération Y sont significativement plus attirés que les autres groupes par les communications virtuelles et les différentes formes de divertissement en ligne. Ces derniers communiquent largement avec leur famille et amis par courriel (adolescents, 73 %; Génération Y, 94 %), par messagerie instantanée (adolescents, 68 %; Génération Y, 59 %) ou via les blogues, quoique les aînés (64 ans et plus) gagnent du terrain en matière d’utilisation du courriel (79 % à 91 % selon la génération). Les jeunes générations sont également statistiquement plus enclines que les autres à s’engager dans des activités de divertissement en ligne que ce soit en visionnant des vidéos en ligne (adolescents, 57 %; Génération Y, 72 %), en jouant à des jeux (adolescents, 78 %; Génération Y, 50 %) ou encore en téléchargeant de la musique (adolescents, 59 %; Génération Y, 58 %). L’attrait pour les outils collaboratifs du Web 2.0 prévaut également auprès des jeunes de la Génération Y : ils lisent, commentent et écrivent sur les blogues (respectivement 43 % et 20 %) tout en créant des profils et participant activement aux réseaux sociaux (60 %).

La Génération X, pour sa part, continue de dominer en matière de commerce électronique. Une imposante majorité (80 %) d’internautes américains âgés entre 33 et 44 ans achète en ligne, comparativement aux internautes âgés entre 18 à 32 ans (71 %). Le « e-banking » est statistiquement plus élevé auprès de la Génération X, faisant en sorte que ces derniers dominent le monde des opérations bancaires en ligne (65 %).

Comparativement aux générations plus jeunes, la recherche d’information et les activités transactionnelles en ligne sont plus amplement privilégiées par les générations plus âgées. De fait, la recherche d’informations relatives à la santé est la troisième activité la plus populaire auprès des Générations X et silencieuse et les Boomers, tout juste derrière le courriel et l’utilisation de moteur de recherches. Les générations plus âgées sont également plus enclines que les autres à rechercher du contenu religieux en ligne et à visiter les sites gouvernementaux.

Grâce à cette enquête américaine, il est maintenant possible de détailler un portrait concret de l’activité en ligne par les utilisateurs du Web selon leur génération. Ainsi, nous trouvons une réponse à la question posée initialement, à savoir si l’utilisation d’Internet varie selon la génération à laquelle appartient l’internaute.

La question est maintenant de se demander si vous vous reconnaissez dans ces portraits…

La gestion des connaissances en mutation?

26 mars 2009 par Youni Shabah

Vers le KM 2.0 : Quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs ? C’est à cette question que tentent de répondre plusieurs chercheurs et praticiens dans un ouvrage collectif coordonné par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala. Sujet de l’heure, la transformation des concepts liés à gestion des connaissances se fait sentir tant dans la recherche universitaire qu’au sein des organisations. Le livre dresse ainsi un portrait des nouvelles tendances dans le domaine de la gestion des connaissances et son évolution dans la mouvance des technologies Web 2.0 et des transformations organisationnelles de l’entreprise d’aujourd’hui et de demain. La transposition des concepts du Web 2.0 et son modèle d’intelligence participative aux concepts de gestion des connaissances offrent de nouvelles perspectives en matière de partage et de collaboration, de décloisonnement, d’agilité et d’innovation organisationnelle.

Quelles sont les nouvelles préoccupations que vivent les organisations qui s’engagent dans la nouvelle génération de gestion des connaissances ? Une de ces préoccupations est celle du travail collaboratif, concept revisité avec l’ère du Web 2.0. En effet, nous constatons que l’évolution du partage des connaissances en entreprise à l’heure du Web 2.0 et de l’intelligence collective amène de nouveaux défis pour les organisations tels que le passage d’un environnement de collaboration privé et contrôlé à un environnement public et dynamique avec l’introduction de nouvelles sources et méthodes de collaboration et de partage de connaissances (ex. plateformes de collaboration intra et inter organisationnelles,  blogues, wikis, réseaux sociaux, podcasts, etc.).

Par ailleurs, ce ne sont pas que les nouveaux outils de gestion des connaissances qui évoluent mais également les stratégies. Cette nouvelle approche de gestion des connaissances suppose notamment une structure organisationnelle aplanie et participative, un fonctionnement collaboratif supporté par des technologies dictées par les utilisateurs et surtout, un changement de culture accompagné de nouvelles pratiques de gestion qui devront être adaptées avec l’arrivée en entreprise des nouvelles générations.

Source :
Vers le KM 2.0 : Quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs ; ouvrage collectif coordonné par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala. - Paris : Vuibert, 2008, 269 p.

Cégep en réseau : fin du projet en juin 2009

25 mars 2009 par Philippe Aubé

Le projet Cégeps en réseau se terminera en juin 2009. Le rapport de la phase 1 a été publié en septembre 2008 et le rapport final est attendu pour l’automne 2009. Un guide d’élaboration de partenariat entre établissements d’enseignement collégial devrait être disponible en juin 2009.

La problématique des petites cohortes, notamment en région, étant toujours un enjeu au niveau collégial, l’équipe du CEFRIO espère pouvoir débuter, dès l’automne 2009, un nouveau projet qui saura répondre aux besoins des collèges. 

Le Maine évalue le niveau de branchement de sa population à Internet haute vitesse

25 mars 2009 par Réjean Roy

Le Maine entend recourir à l’aide débloquée par le gouvernement fédéral dans le cadre de son récent programme de stimulation de l’économie pour faire une étude détaillée du niveau d’accessibilité de ses citoyens, organismes et entreprises à Internet haute vitesse. La ConnectME Authority, un acteur public créé en 2006 par le gouvernement du Maine, considère que la réalisation de cet inventaire est nécessaire à l’extension du réseau Internet haute vitesse dans cet État rural voisin du Québec. La ConnectME Authority est actuellement à la recherche de fournisseurs capables de réaliser ce travail. 

 Voir www.seacoastonline.com/articles/20090318-NEWS-90318032.

Quand les TI viennent en appui au développement rural

24 mars 2009 par CEFRIO

Le développement et la survie des collectivités rurales sont des sujets de préoccupation depuis quelques décennies, car les situations auxquelles celles-ci doivent faire face sont multiples et exigent des approches novatrices dans la recherche de solutions adaptées à leur condition. Les problèmes liés à la démographie (vieillissement et migration des jeunes), au maintien et à l’adaptation des services de proximité, à la sauvegarde du tissu social et du cadre de vie, à la consolidation et à la création d’emplois, et à l’adaptation de l’économie représentent des défis majeurs.

Les régions explorent de nouvelles avenues afin de susciter le développement et l’occupation dynamique du territoire. Dans ce contexte, un des leviers importants, qui fait progressivement son apparition dans les communautés rurales, est l’accès au réseau large bande et les possibilités de développement qu’offrent les technologies de l’information (TI). Ce canal de communication peut s’avérer puissant dans la mesure où les milieux sauront les utiliser à profit. Comme l’évoquait Nicola Crosta, de l’OCDE, dans son intervention au colloque Villes, régions et territoires innovants, organisé par le CEFRIO, « finies les stratégies de développement défensives : Internet permet aux villes et aux régions de passer à l’attaque ».

Comment soutenir la transformation d’une région en territoire innovant ?
Le colloque Villes, régions et territoires innovants, offrait un atelier portant particulièrement sur les modèles de transformation des milieux en région innovant à l’aide des TI. Une expérience québécoise et une initiative française ont été présentées.

D’abord, au Québec, la région de la Baie-des-Chaleurs, qui regroupe les municipalités régionales de comté (MRC) d’Avignon et de Bonaventure, a entrepris, en mars 2006, une démarche d’innovation ayant essentiellement pour objet l’accompagnement d’un milieu rural québécois en vue de son développement social, communautaire et économique par l’utilisation inventive et pratique des technologies modernes de l’information et de la communication. Cette démarche, entreprise à l’initiative du CEFRIO, est coordonnée localement avec les acteurs du milieu, comme les centres locaux de développement, la Société d’aide au développement des collectivités et le Réseau collectif de fibre optique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

De cette démarche découlent plusieurs projets de développement par les TI qui touchent différents secteurs socioéconomiques (municipal, jeunesse, bioalimentaire, entrepreneuriat, tourisme, etc.). Les intervenants veulent bâtir un modèle d’innovation propre à ces MRC qui pourrait, éventuellement, favoriser la transmission du savoir-faire à d’autres municipalités.

En France, la région du Parc naturel régional du Haut-Jura a développé une expertise particulière dans la mise en valeur du territoire au moyen de circuits géopositionnés qui portent sur différents thèmes. Ce projet intitulé « Du virtuel au naturel » a été coordonné par la firme Ocalia, experte de l’utilisation des TI dans un contexte de ruralité.

Des expériences d’accompagnement menées sur une dizaine de territoires français, ressort un constat majeur : dans les collectivités qui travaillent à un environnement favorable à l’innovation, ce ne sont plus les organismes municipaux ou régionaux qui portent les projets. Ils jouent plutôt un rôle de facilitateur pour les acteurs locaux. Afin de soutenir cette approche, les différentes instances du Parc naturel régional ont équipé leurs différents bâtiments de salles de visioconférence. Ces salles sont à la disposition des intervenants du territoire pour faciliter la communication et la concertation. C’est d’ailleurs cette approche que le CEFRIO a choisie dans la démarche des MRC afin de faciliter la réalisation de projets innovateurs impliquant les TI, mais portés par des acteurs du milieu, par exemple une maison de jeunes, un regroupement de municipalités, etc.

Le système municipal au Québec se fonde sur le schéma d’aménagement qui encadre la façon d’occuper le territoire dans les MRC. À la lumière de leurs expériences, les dirigeants d’Ocalia proposent maintenant un schéma local de développement numérique aux régions de France afin de leur permettre de planifier globalement le déploiement de l’accès et de l’utilisation des TI à l’échelle d’un territoire (voir p. 8 de la présentation).

Développement régional par les TI : freins et perspectives d’avenir
Ces expériences sont prometteuses, mais elles font également ressortir certaines contraintes importantes sur les territoires ruraux. Premièrement, ce qu’il est convenu d’appeler la « fracture numérique » est un frein majeur au développement, car l’accès est très inégalement réparti sur le territoire québécois. Toutefois, les écarts constatés tendent à diminuer. Ensuite, au delà de l’accès, un des éléments centraux évoqués est la nécessité d’un leadership politique qui soutienne les projets et suscite un effet d’entraînement. À titre d’exemple, la mairesse de Bromont, madame Pauline Quinlan, par sa conviction qu’il fallait brancher sa ville, a contribué grandement à faire de celle-ci un modèle probant du concept de ville Internet au Québec.

C’est également à l’occasion du colloque international Villes, régions et territoires innovants, que des représentants du Parc naturel régional du Haut-Jura en France et de la Baie-des-Chaleurs au Québec ont signé une entente de partenariat afin de créer un réseau international de communautés qui misent sur les TI pour appuyer des stratégies de développement touristique durable. Les représentants de différentes régions ont manifesté, par la même occasion, leur volonté de créer un réseau de collaboration des territoires innovants du Québec, en vue de mettre en commun l’expertise qui se développe chaque jour aux quatre coins de la province. La collaboration semble aussi être le mot d’ordre pour ceux qui souhaitent innover et ces partenariats en émergence s’inscrivent tout à fait dans cet ordre d’idées. Comme l’a mentionné madame Claire Bolduc, nouvellement nommée présidente de Solidarité rurale : « Il n’y a pas de territoires sans avenir, seulement des territoires sans projet. »

Sources :
Audet, Antoine (2008). « Des expériences d’usages des TI en appui au développement territorial », Atelier 5, Colloque international Villes, régions et territoires innovants, CEFRIO, Québec, 2008, 31 p.

Burdeyron, Franck (2008). « Territoires innovants, territoires numériques : opportunités, freins, méthodes, facteurs clés de succès », Atelier 5, Colloque international Villes, régions et territoires innovants, CEFRIO, Québec, 2008, 9 p.

Tiré de : Québec (Province). Ministère des Services gouvernementaux, et CEFRIO (2008). Bulletin d’information e-Veille, avril 2008.

Nous vous suggérons de lire les autres articles de ce numéro spécial portant sur le colloque international du CEFRIO intitulé Villes, régions et territoires innovants (avril 2008 : Québec, Québec)